Avis à toutes (tous)! Conférence sur le droit en matière d’agressions sexuelles

Les 6 et 7 mars prochains se tiendra à l’Université d’Ottawa une conférence pancanadienne sur le droit en matière d’agressions sexuelles, la pratique du droit et de la justice s’y rapportant et le militantisme féministe sur ces questions, intitulée « Sexual Assault Law, Practice and Activism in a post-Jane Doe Era ».

Ce titre fait référence au 20e anniversaire de la victoire en Cour supérieure de l’Ontario d’une victime de viol connue sous le pseudonyme de Jane Doe contre le service de police de la ville de Toronto. « Jane Doe » avait été violée, chez elle, par un violeur en série qui avait frappé plusieurs fois déjà dans le secteur où elle habitait. La police surveillait le contrevenant et l’avait observé rôdant autour de l’appartement de Jane Doe. Ce n’est qu’après avoir été sauvagement attaquée, et qui plus est, lors du procès au criminel de son agresseur, que Jane Doe a réalisé que la police avait laissé ce viol se produire et qu’elle aurait pu le prévenir. Jane Doe a par la suite poursuivi le service de police en responsabilité devant les tribunaux civils. Après plusieurs revers, la Cour supérieure lui a finalement donné gain de cause.

La Conférence Jane Doe 2009 accueillera, d’après le programme affiché sur son site web, des « célébrités » du droit criminel canadien et d’ailleurs telles que (rajustant ses lunettes de nerd) « Jane Doe » elle-même, et l’Honorable Claire L’Heureux-Dubé, anciennement excellente juge de la Cour suprême en matière criminelle, qui insufflait une dose justifiée de féminisme (souvent par voie de coups de pied au cul) dans les jugements de la Cour.

Parmi les sujets abordés à la conférence, on abordera, outre des questions juridiques comme telles (e.g. quels critères doit-on utiliser en matière d’agression sexuelle pour décider entre des témoignages contradictoires?), mais également des questions qui ont trait à la justice du traitement judiciaire des affaires d’agression sexuelle (comme, notamment, les « mythes du viol » et les droits des victimes).

En tant que personne qui travaille dans le domaine juridique, je trouve ce genre de réflexions particulièrement nécessaires et pertinentes étant donné que, let’s face it, la sphère juridique a été créée par des hommes, agit sur des lois écrites par des hommes, pour des hommes, dans une perspective masculine, et qui ont été votées par des hommes, et on y retrouve encore une majorité de mâle, surtout dans les positions clef telles que l’enseignement du droit et la magistrature.

J’aime beaucoup ma job, je ne l’échangerais pour rien au monde, mais je souhaite ardemment que ce milieu s’ouvre davantage à la réalité des femmes et devienne véritablement égalitaire. C’est beau dire que tout le monde est égal devant la loi, mais que faire quand la loi elle-même est injuste, ou qu’elle est administrée par des individus qui n’ont pas été sensibilisés à cette autre réalité (par exemple, les avocats et juges qui adhérent aux « mythes du viol »)?

Bref: Non seulement cette conférence a l’air super intéressante (et pas juste pour les juristes!), mais on peut encore s’y inscrire jusqu’au 20 février! Woohoo!

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