Les mythes s’écroulent!
Un sujet léger et futile, si vous le permettez.
Depuis quelques mois, je me prépare à vivre « la plus grande aventure de la vie d’une femme » (dixit ma mère) j’ai nommé la maternité. Je termine en effet l’infâme premier trimestre et me lance les yeux fermés dans cette aventure, puisque c’est mon premier et parce que je suis la première, malgré mes 32 ans, dans mon groupe d’amies ou dans ma famille proche. Fini le temps où une nombreuse parenté pouvait nous inonder de conseils judicieux : je fais la plupart des découvertes seule dans mon salon, entre les livres de grossesse (dans lesquels on ne voit que des photos de femmes qui se tiennent le ventre d’un air serein, vêtues d’un collier de perle, d’un petit twin set assorti et d’un bandeau dans les cheveux) et les réflexions suscitées par Badinter sur la maternité. (Je dois cependant remercier chaleureusement mon amie Pri, une maman qui rocke et qui répond patiemment à mes milles questions niaiseuses).
Or à force de me renseigner et de poser des questions, je suis en train de perdre toutes mes illusions.
Il faut dire qu’avant, les questions entourant la maternité m’intéressait autant que les questions de retraite intéressent Marianne : je ne me sentais pas interpellée. Maintenant que j’ai les deux pieds dedans, chaque jour un mythe s’écroule, et je me permets de vous partager le dernier en date :
Mythe entourant la maternité no 310 : l’échographie est un moment émouvant et merveilleux.
J’ai pris rendez-vous pour mon échographie de 19 semaines, celle qui permettra, on se croise les doigts, de savoir ce qui se cache là-dedans. J’apprends-ti pas que je dois, pour me préparer, boire UN LITRE d’eau et ne pas aller au toilettes UNE HEURE AVANT la dite écho!
Pour vous aider à comprendre mon désarroi sachez qu’en tant normal, je me qualifierais non pas de pisse-minute, mais plutôt de pisse-seconde. Or, depuis que je suis enceinte, on dirait que mon utérus grossissant s’est installé directement dans ma vessie, rendant la perspective d’une heure sans faire pipi (avec, je le répète, UN LITRE d’eau dans le corps) digne d’une torture de Guantanamo. Et c’est ainsi, en me tordant de douleur, que je suis censée vivre « ce moment magique et merveilleux »? J’imagine la scène : mon amoureux qui me tient la main, les yeux embués par l’émotion; la technicienne qui nous explique patiemment, en souriant, que ceci est le pied, ceci est la main… et moi? Moi qui pleure, ou qui sourit, ou qui est transportée de bonheur? Pantoute! Ma seule pensée sera pour la libération que je connaîtrai quand cette épreuve sera enfin terminée!
Pourquoi gâcher cette expérience en forçant la future mère à être aussi inconfortable? La technologie est donc si barbare? Celles qui sont passées par là me diront sûrement que c’est de la petite bière comparé à l’accouchement (une autre étape que j’aborde avec beaucoup de naïveté, question de préserver ma santé mentale) mais je serais curieuse de savoir pourquoi la science permet d’envoyer Guy Laliberté dans l’espace mais pas de rendre cette expérience agréable pour les futures mamans.
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