Germaine un jour = Germaine toujours ?
Germaine, ça pourrait être elle
Qu’en est-il du mythe de la Germaine ? Une Germaine, de par chez nous, c’est une femme qui gère et qui mène. «Unetelle, c’est une vraie Germaine !» pour exprimer qu’elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Ou qu’elle impose ses lois dans sa demeure. Ou qu’elle peut avoir la réplique acerbe. Ou qu’elle contrôle les autres etc. On comprendra que l’archétype de la Gèremène n’est pas des plus positifs. C’est une expression à la fois péjorative et descriptive, pour décrire la personnalité d’une femme (parce qu’un Germain, ça fonctionne pas pour décrire celle d’un homme…)
Nous pourrions associer le stéréotype de la Germaine à une boss particulièrement autoritaire et capricieuse, un peu à l’image du personnage de Meryl Streep dans « Le diable s’habille en Prada». Celle qui d’un regard nous pétrifie et nous fait sentir des incapables à ses côtés. Parce qu’une Germaine, ça remue ciel et terre pour le l’univers s’accorde à ce qu’elle veut!
Bref, trève de généralités, un peu de sérieux, cibouère ! Doit-on considérer l’expression de «c’t’une vraie Germaine celle-là» nécessairement négative ? Ne devrions-nous pas, avec nos airs de féministes concentrées [à changer le monde], déconstruire le mythe négatif pour se le réapproprier ensuite de manière enjouée et assumée ? Parce que le cas des Germaines amène ce questionnement : comment allier nos personnalités fortes (si c’est le cas) avec nos principes féministes ? Parce que toutes féministes que l’on soit, parfois on ne veut pas nécessairement casser la baraque et se mettre à dos tout le monde.
Si une Germaine sait se faire respecter à la maison autant que dans son milieu professionnel, si elle sait faire preuve de détermination dans sa vie, de leadership, qu’elle surmonte des obstacles avec ténacité, de s’affirmer même avec ses contradictions et défauts, eh bien, moi, ça me va ! J’en suis !
Alors survient l’inévitable problématique: comment bien gérer ce que l’on fait et comment mener à bien nos projets, le tout, de manière féministe ? Parce que parfois, dans le feu de l’action, on peu s’enflammer, se fâcher, insulter, déranger et sans le vouloir, recréer des situations où des luttes de pouvoir s’installent entre les individu.e.s. Vous me suivez ? Bien que l’on ne peut pas être toujours féministes, du style jusqu’à la racine des cheveux (nous avons toutes des contradictions), en tant que féministes, il faut être capable de réfléchir et critiquer les attitudes des autres, mais il faut d’abord réfléchir aux nôtres. Inclut-on les autres dans des discussions ? Est-on ouverte au dialogue ? Comment réagit-on face aux critiques ? Projette-t-on une image intimidante ou accueillante ? Comment notre entourage réagit face à nos interventions ? Parle-t-on trop fort, pas assez fort ? Prend-t-on beaucoup de place dans les discussions, est-ce qu’on interrompt sans cesse ? Est-ce qu’on ordonne au lieu de négocier ? Que sont vos trucs pour ne pas avoir des attitudes autoritaires/méchantes/irrespectueuses ?
La Germaine peut (et devrait fortement) se poser ces questions. Toutefois, la Germaine ne doit pas avoir honte d’être qu’est-ce qu’elle est. Si les Américaines ont réussi à se réapproprier le mot Bitch et même de créer un magazine à ce nom, je ne vois pas ce qui nous empêche de faire de même avec la Germaine ! À toutes les Germaines, viva ! 😉

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