RIP : registre national des armes à feu
Hier soir, à la Chambre des Communes, les conservateurs ont mené le registre national des armes à feu un peu plus loin sur le chemin de son abolition. Avec le projet de loi privé C-391 de la députée Candice Hoeppner, ils ont enfin réussi à faire ce qu’ils tentent depuis 2006. Aidés cette fois-ci par une vingtaine de députés de l’opposition, des néo-démocrates (1/3 de la députation!!!) et des libéraux (pourtant initiateurs dudit registre). Seule la députation du Bloc Québécois a entièrement voté contre le projet de loi, le même jour où l’Assemblée Nationale du Québec votait unanimement pour le maintien du registre.
Ce registre national, fondé suite à la tuerie de l’école Polytechnique dont nous célébrerons le mois prochain le triste 20e anniversaire, a essuyé beaucoup de critiques quant à son coût exorbitant et son fonctionnement bancal, reposant trop selon certains sur la bonne volonté des possesseurs d’armes de chasse. Il est vrai qu’une personne mal intentionnée ne prendra pas la peine d’enregistrer son arme avant de commettre un méfait… Pourtant, les policiers se servent du registre et souhaitent son maintien : dans les cas de dispute conjugale, par exemple, la police interviendra différemment s’il lui est possible de savoir avant d’arriver sur les lieux qu’il y a une arme enregistrée à cette adresse. La Fédération des Femmes du Québec s’est prononcée pour le maintien du registre; le chef de police de Montréal tout comme le procureur général de l’Ontario. Hélas…
Sur cette question cruciale, les partis politiques qui se disent de centre gauche auraient dû imposer la ligne de parti à leurs députés de circonscriptions rurales qui ont peur de déplaire à leurs électeurs-chasseurs. Cette mentalité red neck du « touchez pas à mon port d’arme » me dégoûte, surtout qu’il ne s’agit pas ici d’empêcher quiconque de posséder autant d’armes qu’il veut! Les enregistrer, franchement, ce n’est pas un si grand sacrifice.
Un registre national, même imparfait, vaut mieux que pas de registre du tout. Non?
Marie-Claude Lortie, de la Presse, reproduit une lettre très touchante d’une mère d’une victime de Polytechnique : http://blogues.cyberpresse.ca/lortie/?p=2002
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