Coming out Féministe

Je suis ce blogue depuis le début ou presque, et ça fait longtemps que je désires participer, écrire.  Comme premier article j’ai décidé de parler du coming out en tant que féministe. 

En effet, depuis quelques temps je réalise que c’est tout un coming out que d’affirmer, et de revendiquer, être féministe.  Bien entendu, mes propos sont toujours teintés d’un certain féminisme, mais c’est une autre histoire de se qualifier féministe en ces temps de mauvaise réputation pour les féministes.  Non pas que les féministes aient mauvaise presse, c’est plutôt qu’on observe une certaine réticence de la part des gens (peu importe leur âge, leur origine et leur sexe) à se définir comme féministe.  Afin d’appuyer mon propos, j’y vais de ma petite histoire. 

Tout d’abord, je suis féministe depuis toujours.  En fait, d’aussi loin que je me souviennes, même à l’école primaire je demandais à ma professeure d’utiliser le terme Humain plutôt que Homme afin de nous enseigner, je trouvais ça définitivement plus inclusif.  À l’époque, on me trouvait cute et on se disait que ça me passerait.  Néanmoins, j’ai toujours su que le féminisme ferait parti de ma vie et que ça serait une partie importante de ma vie.

Après plusieurs détours scolaires, je me suis finalement inscrite à l’UQAM en Études Féministes.  Et depuis, mon réel coming out a commencé.  D’abord l’annoncer à ma famille, non pas celle de ma mère, qui me connaît réellement, mais celle de mon père!  Les commentaires du genre : « Il va falloir faire attention à ce que l’on dit! » ont commencé à fuser.  Puis, mon père a sourit, lui il ne dit jamais rien, il ne comprend rien à l’université, mais est très fier que sa fille y aille! 

Ensuite, à mon travail, un poste au syndicat s’est ouvert, celui de Déléguée à la Condition Féminine.  Poste pour lequel j’ai postulé et que j’ai obtenu!  Quoique mes tâches soient encore mal définies pour l’instant, je suis contente de cette prise de position personnelle.  En discutant avec le directeur général, je lui ai affirmé que ce poste était tout désigné pour moi puisque j’étudiais justement en Études Féministes!  Lui de me répondre : « Ha oui?! Vraiment? »  Et moi d’ajouter : « Mais oui, féministe à ce point là! »  S’en est suivi une discussion assez intéressante sur les tenants et aboutissants d’une telle démarche scolaire, avec la participation d’une cheffe de département qui s’affirme en tant que NON-féministe, parce qu’elle trouve que les femmes ont perdu beaucoup de chose à cause des luttes féministes.  J’ai cependant trouvé intéressant l’intervention de mon directeur général qui lui a demandé, d’un air un peu surprit, si elle ne trouvait pas que les femmes avaient beaucoup gagné aussi grâce aux luttes féministes… et moi de penser qu’elle n’aurait certainement pas obtenu son poste de direction si ce n’était de ces revendications féministes, mais bon! 

Mais, le plus intéressant s’en vient! 

Dans un premier temps, une amie voulant me donner des conseils afin que je me trouve un petit-ami (hé oui, il semble que ma situation de célibataire soit désespérante au point où mes amies se sentent interpellées et se font un devoir de me dire comment faire) me dise : « Premièrement, tu ne dis PAS que tu étudies en Études Féministes, à un gars que tu rencontre dans un bar, il ne voudra pas de toi! »  Je l’ai essayé, mais je réponds quoi à quelqu’un qui cherche à mieux me connaître et qui me demande en quoi j’étudie? Je mens?  Pourquoi devrais-je cacher une partie de mon identité (puisque je suis ÉTUDIANTE) afin qu’un gars s’intéresse à moi?  Pourquoi ne pourrais-je pas être moi-même?  Qu’y a-t-il de si effrayant dans le fait d’être féministe?  Et puis, voudrais-je d’un homme qui ne veut pas entendre parler de féminisme?  Pourquoi devrais-je faire semblant, pour ensuite avouer ma faute, le mensonge et lui faire comprendre que dans le fond, c’était pour éviter qu’il ne s’enfuie et que l’on se donne le temps de se connaître?  N’est-ce pas prendre les hommes pour des êtres dotés d’une intelligence moindre que de penser que le seul mot féministe les fasse fuir?  Cela ne rabaisse-t-il pas les relations interpersonnelles à des jeux de rôles où tout le monde apprend un texte et sait quoi dire au bon moment afin de ne pas brusquer l’autre?  Pourquoi ne peut-on pas faire confiance à la vie et se dire que les personnes qui se retrouvent sur notre chemin peuvent être aussi ouvertes d’esprit que nous?

C’est suite à ces réflexions que dans un deuxième temps, j’ai décidé de suivre mon instinct et surtout ce que me dictait ma conscience.  Il y a quelques temps, j’ai rencontré un jeune homme très intéressant, on discutait, il me parlait de ce qu’il faisait dans la vie, je lui posais beaucoup de questions.  Puis, il m’a demandé en quoi j’étudiais, j’ai sourit, prit un grand respire et je lui ai dit.  Il m’a questionné sur la raison de ce sourire avant de le dire et m’a dit que c’était très intéressant comme champ d’études!  Voilà! 

 J’avais raison… mais mon amie aussi.  C’est ça qui est malheureux!  Il y a effectivement des gens qui agiront différemment avec moi depuis qu’ils le savent, comme la famille de mon père.  Cependant, une chose est importante pour moi : la famille je ne la choisi pas, donc je fais avec, mais les amiEs je les choisi, et c’est pourquoi je ne cacherai à personne que Je suis FÉMINISTE puisque si ces personnes ne peuvent faire preuve d’une ouverture, je ne les veux pas dans mon entourage! 

 

Et vous?  Comment vivez-vous votre féminisme?  En privé? En public? Comment les gens autour de vous réagissent-ils?

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