Ouvrir une boîte de Pandore?
Un malentendu sur un certain site de réseautage social a fait de moi, pendant quelques heures, une « anti-choix » (expression que je préfère à « pro-vie », qui laisse supposer que les « pro-choix » sont « anti-vie », ce qui n’a pas beaucoup de sens) aux yeux d’une de mes amies et cela a provoqué une réflexion sur l’avortement.
Je me suis jointe à un groupe intitulés « Canadians who want foreign aid money to be spent on women’s reproductive health » qui veut démontrer à notre cher premier ministre qu’il a eu tort, la semaine dernière, en refusant de financer les ONG internationales qui prônaient des avortements en affirmant que ce n’est pas ce que les canadiens veulent. Mon amie a probablement mal lu le nom du groupe, et elle m’a demandé s’il ne se cachait pas en moi une femme contre l’avortement. Horrifiée, je me suis défendue avec l’énergie du désespoir, comme si elle m’accusait de noyer des petits chatons la fin de semaine. Mais après coup, je me demande: pourquoi n’aurais-je pas le droit d’être contre l’avortement? Si c’était le cas, serais-je expulsée du mouvement féministe?
A-t-on le droit d’être féministe et de trouver qu’il se pratique trop d’avortements au Québec? Je sais bien que la base du mouvement féministe est le respect du choix des femmes, et je suis loin de remettre en cause l’accès ou la gratuité du service. Mais quand le Québec montre un taux si élevé (0,57 avortement par femme au cours d’une vie, un des plus élevé au monde) peut-on se demander pourquoi?
Dans l’intéressante discussion, sur ce site, autour de la chanson du groupe Mes Aieux, quelqu’une a fait remarquer que le chanteur du groupe avait dit en entrevue que tout le monde connaissait une fille qui utilisait l’avortement comme moyen de contraception. Je n’affirmerais pas que tout le monde en connaît une, mais moi j’en connais bel et bien une, dont le nombre d’avortements est à tomber par terre. Une fille intelligente par ailleurs, que j’adore, mais sur ce sujet, je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie de la secouer un peu. Les autres amies qui sont passées par là n’ont pas du tout la même attitude : ce ne fut ni une décision facile ni une partie de plaisir, ce que les « anti-choix » laissent parfois entendre, comme si on allait se faire avorter entre deux réunions, en chantonnant, comme une héroïne de La Galère.
Alors pourquoi tant de québécoises, par ailleurs éduquées et en moyenne âgées entre 18 et 24 ans donc loin du cliché de l’ado de 14 ans en détresse, en viennent à cette solution? Avez-vous des pistes de réponses?
Sorry, the comment form is closed at this time.