Billet brûlant
Je publie le billet de Mélanie, qui nous a contacté par rapport à un billet qu’elle a publié sur son blog qui a fait beaucoup de bruit. Elle aimerait savoir qu’est-ce que la communauté de jesuisfeministe.com pense du phénomène de la »glamorisation » du travail du sexe. C’est à propos d’un livre récemment sorti, Escorte, de Mélodie Nelson. Sur le blog de Mélanie, il y a eu plusieurs réactions enflammées. Je lui laisse donc la parole.
* * *
Je comprends que les féministes sont divisées sur cette question. Disons qu’il faut choisir son camp, on est pour ou contre la commercialisation des individus ? Voulez-vous vraiment avoir un signe de piastre sur votre corps ? Sommes-nous des marchandises ? Je dis non. Nous ne sommes pas des objets dont nous pouvons disposé selon le bon vouloir de chacun. On le sait le trafic des êtres humains est en expansion. À qui profite tout ça ? À l’Occident qui se dit moderne et évolué. Dès que l’on critique nos soi-disant sociétés modernes, on sent une crispation. On se plaît à critiquer les musulmanes qui portent le voile, mais avez-vous pensé aux voiles invisibles de la femme en Occident ?
Pour le moment, les hommes et les femmes se font des copistes de ce qu’ils retrouvent dans l’industrie de la pornographie. Les hommes cherchent à bander à toutes les 5 minutes et sont malheureux quand ils ne performent pas. Les femmes doivent être siliconés, botoxés avec des g-string de la Senza toujours prête pour s’offrir. Oui nous sommes des produits et l’industrie est contente. Ne voulez-vous pas être libre ? Ou voulez-vous suivre les diktats d’une industrie ? Tout ça n’est qu’une question de contrôle. Voulez-vous vraiment joué ce jeu-là ?
Maintenant la pornographie est bien installée dans nos foyers. Exit l’érotisme. La pornographie est devenue cool. Il y a plein d’études qui discréditent la pornographie. Elle est nocive autant pour l’homme que pour la femme. Mais maintenant c’est winner de bander et de s’exciter devant un film porno. C’est devenu un espèce d’automatisme. Nous sommes devenus des robots qui sont branchés devant des télés HD. Juste avant d’avoir du sexe, on se tape un film porno où il n’y a que des relations de pouvoir. Pourrions-nous être humain et se servir de notre imagination svp? Pourrions-nous cesser d’être des machines efficaces aux sexes sursollicités ?
Je suis pour l’érotisme, l’hédonisme et la compassion. Faut croire que dans le capitalisme, ces notions sont complètement disparues.
* * *
Qu’en pensez-vous ? Comment se situer sur des problématiques aussi épineuses
que la prostitution ou la pornographie ?
Sorry, the comment form is closed at this time.