Retour des cours d’éducation sexuelle au Québec
Il y a quelque temps, le gouvernement du Québec annonçait le retour des cours d’éducation sexuelle, (qu’il avait lui-même éliminés) dans les écoles primaires et secondaire du Québec. La ministre de l’Éducation Line Beauchamp, a affirmé que ces cours pourraient faire progressivement leur (ré)apparition dès cette année. Depuis plusieurs années, le système d’éducation québécois nous a habitué à l’improvisation, aux coupures dans les services aux élèves et à une mauvaise planification générale dont les élèves font systématiquement les frais. C’est pourquoi nous devons attendre de savoir comment, par qui et surtout dans quelles conditions seront donnés les cours d’éducation sexuelle avant de nous emballer.
Jusqu’à leur retrait des écoles du Québec, les cours d’éducation sexuelle faisait partie de la portion « Formation personnelle et sociale » d’un cours qui comprenait également « Enseignement moral et religieux ». À partir de la troisième secondaire, s’y greffait également le cours « Éducation au choix de carrière », un cours qui nous donnait la posibilité de nous faire (dé)orienter selon nos talents et habiletés (en passant, super logique de diminuer la portion réservée à la sexualité à un âge où plusieurs jeunes commencent à avoir une vie sexuelle).
Dans mon école secondaire, ce n’est qu’en secondaire 4 et 5 que la partie réservée à l’éducation sexuelle fut dispensée par des sexologues. Du secondaire 1 à 3, la même personne non formée dispensait donc l’éducation sexuelle et religieuse. Actuellement, c’est encore pire puisque le peu qu’il subsiste de l’éducation sexuelle à l’école est desormais la responsabilité de tout le monde en général et de personne en particulier. Comme toujours, ceux à qui on en demande le plus sont les professeurs qui croulent déjà sous la charge de travail et ce qu’ils(elles) aient été formé(e)s à enseigner les mathématiques, le français, la musique, la culture religieuse ou l’éducation physique!
Il est clair que les cours d’éducation sexuelle doivent être donnés par des personnes qualifiées pour le faire. Il est également clair que les anciens cours souffraient de grosses lacunes au niveau des thèmes abordés, l’emphase étant surtout mis sur la reproduction et la prévention des ITS. Ce sont certes des sujets importants mais une éducation sexuelle ne peut pas se limiter à « Comment fait-on les enfants? » et « Comment enfile-t-on un préservatif? » Je crois qu’on doit aussi parler aux jeunes d’amour, de respect, d’intimité, d’estime de soi, d’image corporelle, de la notion de consentement, d’orientation et d’identité sexuelle. On doit les encourager à se questionner sur les rapports hommes-femmes, les nouveaux médias, la pornographie, la violence sexuelle, l’hypersexualisation, etc. En terminant, on ne peut passer sous silence le rôle de premier plan que doivent jouer les parents dans l’éducation sexuelle de leur enfant.
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