Le Devoir s’abaisse (et déçoit)

Avec un étrange sens du timing, le Devoir fait aujourd’hui (veille du 8 mars) la promotion d’un livre pourtant paru il y a plus d’un an : Re-Thinking Men. Heroes, Villains and Victims, de Anthony Synnott, qui « glorifie les hommes, qui en ont bien besoin ». Et en première page, encore.

Évidemment, j’attendrai d’avoir lu le livre pour en critiquer le contenu. Il faut cependant souligner quelques énormités parues dans l’entrevue du Devoir.  Par exemple, quand Monsieur Synnott affirme que les hommes constituent 73% des victimes d’homicides, il laisse de côté le fait que les « homicideurs » soient, en majorité, eux aussi des hommes.  Il affirme également que dans 20% des cas d’homicides conjugaux les hommes sont la victime et les femmes, la coupable. Combien de ces 20% sont des cas de légitime défense, monsieur Synnott?

Je ne dis pas qu’un tel livre n’a pas sa raison d’être. C’est un point de vue répandu (et très à la mode) que les hommes soient « autant » victimes de violence conjugale que les femmes. Je trouve simplement que c’est un manque de tact flagrant de la part du Devoir que de promouvoir un livre anti-féministe la veille du 8 mars. Ça sent la recherche de polémique cheap. Je suis déçue de voir un journal que j’estime s’y abaisser.

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