Orphée Revolver, une critique féministe

Plusieurs sources (liens ici, iciici et ici) ont décortiqué cette création de hybris.théâtre du point de vue artistique, parlant du jeu des acteurs Mylène Bergeron, Luc Chandonnet, Marie-Ève de Courcy et Danièle Simon (physique, outrancier et parfois subtil), de l’emballage musical live de Mykalle Bielinski (envoûtante, intrigante, électro), du stylisme monochrome (gris, crème et noir), de la mise en scène de Philippe Dumaine (dépouillé, balles pendantes) et bien d’autres.

Toutefois, lorsqu’on écrit une critique pour une blogue féministe d’une pièce qui se veut féministe par une compagnie de théâtre qui souhaite «repenser le genre à travers les théories et pratiques queer», je crois qu’il serait mal pensant de parler de l’enrobage sans parler du contenu.

Néanmoins, un court résumé de cette pièce singulière pourrait être utile à la lectrice, alors voici. Bien que la pièce porte le nom du beau poète antique, Orphée, elle porte plutôt sur Eurydice, sa femme qui mourut et qu’il tenta de ramener en vie, mais il échoua en se retournant. Ce spectacle «dangereux» porte également sur la roulette russe et quatre possibilités pour l’agentivité d’Eurydice. Cette pièce qui est non linéaire présente différentes interprétations du mythe du point de vue d’Eurydice, mais aborde également la féminité et le jeu potentiellement mortel de la roulette russe selon diverses perspectives.

 

La pièce se considère comme une conférence sur la féminité. L’unique personnage masculin détonne au sein d’un ensemble presque tout féminin où les actrices jouent beaucoup sur leur propre féminité tout en ayant un discours qui dénonce ces limites, mais également des problèmes liés à la binarité perçue des sexes et des genres. Que veut réellement dire «Je me sens femme.» ? En puisant à même les écrits de Judith Butler et Monique Wittig, l’ensemble parle de la socialisation des fillettes, de la notion d’hystérie féminine, mais aussi de l’agentivité perçue ou réelle des femmes comme Eurydice en l’y opposant à la masculinité sourde et aveugle d’Orphée face à sa défunte femme qui croit pouvoir vaincre la mort et donc, la ressusciter.

Toutefois, je me suis souvent posée la question de quelle femme la pièce parlait. Devant quatre jeunes femmes conventionnement belles, minces, cisgenres et blanches, la jeune femme noire pas du tout mince que je suis n’était pas sûre si je pouvais même faire partie de cette « femme » ou que je partageais quelque chose avec elles. Or, en théâtre, la perception est parfois presque aussi importante que la représentation réelle.

Dans ce fouillis d’idées, de concepts, de mots et de supers performances d’acteurs, la spectatrice peut se sentir désemparée, confuse voire même sonnée. De ces diverses versions d’Eurydice, laquelle choisir et pourquoi ? Et quelle féminité, à quel escient ? La pièce aborde aussi le travail du sexe de manière efficace, mais également troublante. Une travailleuse du sexe suisse, Grisélidis Réal, aborde les plaisirs qu’elle a de ses clients, mais également les difficultés. Dans cette ère où plusieurs féministes sentent le besoin voire la nécessité de se positionner abolitionniste ou réglementariste, cette position ambivalente est perçue comme un vent de fraîcheur, mais également comme une indécision.

Si vous souhaitez voir la pièce, vous avez eu jusqu’au 17 novembre pour le faire dont certaines représentations seront suivies d’une discussion.

Plus d’information sur la page Facebook  ou le site web de hybris.théâtre

1 Comment

  • Gabriel
    10 octobre 2015

    Hello Boys,I just bought a Nexus 7 tab, and Battle Squadron as well of csruoe (as an Amiga owner since 1989) !I briefly tested it yesterday, and as expected it’s absolutely brilliant !One thing annoyed me though: the screen only rotates to a single side (left side of the tab if you see what I mean). It seems we can’t make it rotate to the right side, wich could have been useful with a propup stand tablet case cover . Best regards !Jerome (FRANCE)

    [Commentaire hors-sujet? Abusif? Spam?]

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