Qui était Simone Veil?

Simone Veil est décédée le 30 juin dernier à l’âge de 89 ans à Paris. Selon un article du Monde, elle est “une icône de la lutte pour les droits des femmes”. Je ne peux pas être en désaccord. Française et juive, survivante de la Shoah, Veil était un symbole de la politique française et une part importante de l’histoire du XXe siècle.

Simone Veil est née en 1927 à Nice. En 1971, avec plus de 340 autres femmes, elle a fait la couverture du magazine Le Nouvel Observateur à côté d’une déclaration polémique: toutes avaient déjà subi un avortement. Bien qu’appelé par ses détracteurs le “manifeste des 343 salopes”, le mouvement qui a suivi sa publication a conduit au processus de création de la loi (“Loi Veil”) qui a dépénalisé l’avortement en France. Simone Veil était la ministre de la Santé depuis 1974; c’est elle qui a défendu la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse au Parlement, devant une majorité d’hommes. «Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours », a-t-elle affirmé. L’année suivante, en 1975, le texte est entré en vigueur. Actuellement, des pays comme le Canada, Cuba, l’Uruguay, l’Afrique du Sud et la Chine, entre autres, ont des lois similaires.

Quatre ans après cette réalisation, en 1979, Simone Veil est devenue la première présidente du Parlement européen, élue au suffrage universel. Elle a exercé cette fonction jusqu’en 1982, mais a continué comme membre jusqu’en 1993. Politiquement active, dans les années 90, Veil a aussi été ministre des Affaires sociales et de la Santé du gouvernement d’Édouard Balladur, elle a présidé le Haut Conseil à l’Intégration et a rejoint le Conseil constitutionnel de la France. Partisane de l’européisme, en 2005, elle a gagné le prix Prince des Asturies de la coopération internationale, en reconnaissance des « idéaux et […] réalisations d’une Europe unie et la projection des valeurs européennes au reste du monde».

Même si elle est liée à des causes sociales, par exemple, les droits des femmes et la mémoire de la Shoah, Simone Veil a soutenu des candidats à la présidence issus de la droite au cours de sa trajectoire professionnelle, y compris Nicolas Sarkozy. Elle a aussi été membre du parti de centre-droite UDF pendant deux ans. Cette situation pourrait être vue comme une contradiction.

Cependant, cette possible contradiction n’invalide pas l’importance de Mme Veil pas son importance pour le féminisme. Dans une interview faite en 1999 à la station de radio France Culture, Simone Veil a dit:

« On dit toujours que je suis la femme alibi. C’est à dire qu’on me donne en exemple en disant: «Voyez-vous, être une femme ne l’a pas empêché de… etc.». Mais je suis un cas exceptionnel parce que j’ai eu un parcours particulier, notamment le fait d’avoir été dans beaucoup de conférences internationales, le fait d’avoir été au Parlement européen et d’avoir présidé le Parlement européen, peut-être aussi l’ensemble de mon passé, fait que j’ai eu une chance […], je trouve que les femmes en France sont loin d’avoir ce qu’elles devraient avoir».

Malheureusement, cette affirmation est encore actuelle: les femmes du monde entier sont encore loin d’avoir ce qu’elles devraient avoir et à cause de ça, la lutte ne peut pas arrêter. Suivons le modèle des grandes femmes afin que toutes puissent un jour être vues de cette façon!

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