Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, on m’a demandé si j’avais mes règles. Un ami m’a demandé si j’étais dans ma « mauvaise semaine », puisqu’il trouvait mon comportement bizarre.

Ce même ami, la veille, a continué à me pénétrer malgré le fait que je lui disais que j’avais mal et que je voulais arrêter. Ce garçon m’a regardé avec un air de dégout et il m’a lancé une insulte quand je me suis poussé d’entre ses griffes.

Ce matin, il me demande pourquoi ça ne va pas.

Aujourd’hui, je me suis sentie sale. Utilisée. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie comme un simple corps, un corps à assouvir des fantasmes.

Ma journée a été lourde. Remplie de questionnements.

Est-ce que je devais aller m’excuser d’être partie rapidement ? C’était peut-être vraiment de ma faute tout ça… C’est quand même moi qui n’étais pas mouillée, lui il avait une pleine érection.

Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, je ne me suis pas sentie respectée dans ma sexualité.

Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, en me confiant à une amie, je lui ai demandé de ne pas me juger pour ce que j’avais fait.

Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, on m’a dit que je n’étais pas celle qui devait être jugée, mais bien lui.

Demain, une autre fille que moi vivra la même chose. Elle n’aura peut-être pas le courage ou la force de le repousser. Elle se fera violer. Elle se sentira coupable. Elle aura peur. Elle n’en parlera pas. Il n’aura aucune conséquence de ces gestes.

Hier, aujourd’hui, et je continuerai demain à me battre contre les violences sexuelles faites aux femmes. L’éducation sexuelle ne devrait pas être négligée.

On ne peut assez le répéter : « Sans oui c’est non ».

Dénoncez, si vous le pouvez.