La gestion féministe

Connaissez-vous une bonne recette de ketchup? Parce que je m’apprête à me faire lancer des tomates!

Dans le cadre de mon travail dans un organisme communautaire, je suis invitée la semaine prochaine à une réflexion sur les défis que pose la gestion féministe. Il est parfois difficile de concilier l’approche féministe que nous prônons auprès de nos usagères (femmes qui fuient une relation violente) et la gestion de nos équipes au quotidien, qui demande parfois son lot de « maternage » et de supervision. Il m’est arrivé plus d’une fois, lorsque je demande à une collègue qu’elle me rende des comptes, de me faire répondre « tu tentes de me contrôler, tu n’es pas féministe! » Excuses de mauvaise employée, me direz-vous. N’empêche que c’est confrontant.

Pour moi, un des défis majeurs (et une des raisons pour laquelle je vais me faire ramasser) est le conflit de génération dans mon milieu. Les gestionnaires plus expérimentées ont connu une époque d’effervescence sociale qui n’a rien à voir avec le marasme d’aujourd’hui. Elles travaillaient pour les femmes sans compter leurs heures toute la semaine, et emmenaient les enfants à la manif la fin de semaine! Difficile pour les plus jeunes d’éviter de passer pour désengagées, dépolitisées, « mauvaises » féministes, quoi. Les plus âgées ont du mal à passer le flambeau, à la fois parce qu’elles n’ont souvent pas les moyens de la retraite (les salaires bas et le manque d’avantages sociaux n’aident pas à préparer les vieux jours)  mais aussi parce qu’elles n’ont pas confiance, qu’elles ont peur de lâcher prise. Ça laisse peu de place pour la relève!  

Alors la gestion féministe est-elle possible? Est-elle souhaitable?

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