Le poids des mots

« Le nouveau combat du féminisme français : en finir avec le mot «mademoiselle» … quand une idéologie devient une obsession spécialisée de militantes fanatisées, c’est ça que ça donne. »

Cette perle de sagesse est le statut Facebook d’hier de Mathieu Bock-Côté, un sociologue qu’on voit partout et qu’on nous présente comme LE jeune nationaliste conservateur du moment.

J’aimerais rappeler à monsieur que les mots ont un poids. Les mots ont une portée. Le mot « mademoiselle » est tellement lourd de sens qu’on s’en est débarrassé au Québec sans que cela fasse trop de vague. C’est un débat particulièrement important dans une société comme la France où
tout ce qui touche à la langue passe pas une poignée de vieux monsieurs, l’Académie Française, qui semblent décidés à ce que notre belle langue française reste figée au temps de Voltaire (certains d’ailleurs pour qui le français du Québec, n’est pas très « pur »).

En devant choisir entre « mademoiselle » ou ‘madame », pourquoi les femmes doivent-elles préciser leur âge ou leur statut marital, alors que ça ne regarde qu’elles? Le terme « mademoiselle » est péjoratif et sexiste, et il est grand temps qu’il disparaisse.

Et si, aux yeux de ce monsieur, cela fait de moi une « militante obsédée et fanatisée », j’aimerais lui dire de se calmer le pompon. Le fanatisme fait autrement plus de dommages dans le monde, surtout aux femmes, sans avoir besoin de se traiter de fanatiques dans ce débat pourtant calme et inoffensif. Le sexisme fait des ravages dans les choses simples de tous jours, et en changer une de temps en temps sans déchirer sa chemise est en soi une bonne nouvelle, il me semble.

A moins que monsieur Bock-Côté ne préconise le retour en force de « damoiseau »?

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