La société québécoise de nos jours est considérée comme étant l’une des plus ouvertes sur la place des femmes d’un point de vue extérieur. Oui, c’est vrai, nous avons le droit de vote, le droit de divorce, les droits fondamentaux en plus de l’équité salariale (sérieux?). Nous n’avons pas à craindre de nous faire lapider en public. Le taux d’agressions sexuelles au Québec tend (presque) à baisser depuis 2007¹. Que les femmes du Québec sont chanceuses, ma foi!

Je pense que ce qui est frustrant dans ces constatations, c’est qu’on se considère chanceuse d’avoir à peu près les mêmes droits que les hommes, quand tout ça devrait être normal. Ces derniers mois, j’entends des propos, des discours misogynes sur le fait que «les Québécoises n’ont pas à chialer sur leur condition, y’a des femmes qui sont plus à plaindre qu’elles dans le monde!». Oui, y’a des femmes qui sont plus à plaindre, mais il n’en est pas moins important qu’on obtienne l’égalité qu’on revendique.

Combien de fois, dans une journée, on entend les mots bitch, salope, pétasse, connasse, chienne, pute? Des insultes qui sont distribuées gratuitement autant aux garçons qu’aux filles, mais qui désignent toutes une fille/femme.

Être une fille serait donc rendu une insulte?

On vit, on évolue dans une société où la femme est rendue taboue. Un objet de joke, de sexe, de viol, de violence. Et on accepte de vivre là-dedans. Sans se poser de questions. On continue à mettre des photos de profil dégradantes sur les réseaux sociaux, à se mettre des pochers, à acheter du maquillage en quantité industrielle. Je ne dis pas que c’est mal. Je dis juste que certaines filles/femmes utilisent ces choses pour se conformer à l’image dégradée de la femme qu’on véhicule de nos jours, et que ça ne fait que renforcer les stéréotypes. Mais pourquoi certaines personnes font ça?, me demanderez-vous. La réponse, d’après moi, se trouve dans l’influence que les médias ont sur nous. Les publicités, l’américanisation, la culture musicale pop, tout ça influence notre comportement de fille, mais du moment où on s’en rend compte, quelle est la limite à s’imposer?

On peut choisir de continuer à agir de manière à se conformer aux normes stéréotypées, on peut s’en foutre, on peut faire ce qu’on veut du moment que c’est ce qu’on veut réellement. Oui, certaines filles se comportent volontairement comme des Barbie, même si elles sont conscientes qu’elles sont sous l’influence des stéréotypes, mais c’est leur choix. Elles ne sont pas des putes pour autant.

On peut aussi choisir d’arrêter d’encourager les normes populaires et de se comporter comme bon nous semble. Porter des bobettes qui ressemblent plus à des couches si on veut. Mettre des cotons ouatés sans porter de soutien-gorge si on le désire. Se permettre d’aller à l’école, au bureau, à un cocktail sans se beurrer la face de BB crème  parce qu’on veut laisser ses pores respirer un peu.

Il y a un juste milieu pour tout. Il suffit de trouver le nôtre.

Mais le plus important, c’est de se faire respecter en tant que femme peu importe si on choisit ou non d’entrer dans les normes. Parce que, maquillage ou pas, crop top ou pas, talons hauts ou espadrilles, on reste des femmes. Et c’est le plus beau cadeau du monde.

¹ HUDON-FRICEAU, Annie, consulté le 25 mars 2017, «Le nombre d’agressions sexuelles est-il en hausse au pays?», Radio-Canada, [En ligne], Adresse URL: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/811042/viol-statistiques-canada Dernière mise à jour: 26 octobre 2016.