Misogynie à plusieurs degrés
C’est une nouvelle qui date un peu, vous en avez probablement déjà entendu parler, mais c’est quelque chose qui me trouble profondément.
En Irak, une femme qui se fait surnommer « la mère des croyants » a été arrêtée en tant que conspiratrice à la source de plusieurs attentats-suicide perpétrés par des femmes. Mais cette femme, Samira Ahmed Jassim, supposément pieuse et patriote n’a apparemment jamais eu l’intention de se faire sauter elle-même.
Cette femme a organisé le viol de plus de 80 femmes irakiennes, des compatriotes inconnues et innocentes. Elle s’est ensuite présentée à elles, prétendant vouloir les réconforter. En fait, elle leur expliquait qu’en s’étant ainsi faites violées, elles étaient devenues impures, sans valeur et avaient entaché irrémédiablement l’honneur de leur famille. Elle leur expliquait également que la seule façon de « laver » l’honneur familial était de commettre un attentat-suicide.
Ce fut la fin tragique de plusieurs de ces femmes.
On peut difficilement imaginer une forme plus brutale de misogynie.
D’une part, le viol lui-même, peu importe son contexte, est un geste d’humiliation, de domination et de dévalorisation délibéré de la femme. Et c’est un acte de haine – d’autres diront que c’est un acte de guerre – contre les femmes en tant que classe de personnes.
D’autre part, un complot visant à, consciemment, utiliser des femmes civiles – par opposition à des soldates, membres de milices ou combattantes volontaires – comme chair à canon démontre bien le mépris qu’ont ces terroristes des femmes et du peu de valeur qu’ils leur accordent en tant qu’êtres humains et membres utiles de la société.
Mais entre les deux, il y a la culture du viol, qui est également la culture de la soi-disant pureté sexuelle intrinsèque de la femme. Car ne nous leurrons pas : dire que la femme n’a de valeur dans une société que si elle est pure, et qu’elle perd cette « valeur » si sa pureté sexuelle est altérée en dehors d’un contexte « permis », c’est de réduire la valeur de la femme comme être humain au prix que l’on peut mettre sur sa sexualité.
Entre la culture occidentale « pornifiée » et de telles horreurs en temps de guerre à l’autre bout du monde, il n’y a pas un si large gouffre qu’on voudrait bien le penser…
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