Les deux mères
Cette chronique n’est pas un plaidoyer contre les mères au foyer. Bien au contraire, son but est de souligner le système de « deux poids deux mesures » dans le débat « maternité » vs « travail » (bien que les deux ne soient pas antinomiques). Certains politiciens et citoyens rêvent d’un monde ou les mères restent à la maison pour s’occuper des enfants. Pour cette raison, des partis de droite comme l’ADQ, s’ils encouragent le soutien des mères (officiellement du parent) à la maison font en revanche très peu pour la conciliation travail-famille. Les allocations compensatoires pour les parents qui n’envoient pas leurs enfants dans les garderies à 7$ et qui faisaient partie du dernier programme électoral de l’ADQ est un exemple.
Ces politiciens et ces citoyens sont pourtant généralement les mêmes qui sont favorables à ce que l’accès à l’aide sociale soit resserrée et limitée à quelques années et que toute personne « apte au travail » voit ses prestations coupées. L’ADQ projetait d’ailleurs également de « remettre les assistés sociaux au travail ». Il y aurait un débat à faire sur la définition de « apte au travail » mais cette attitude n’est-elle pas illogique dans le cas des mères monoparentales assistée sociales qui, bien qu’étant aptes au travail, sont seul soutient de famille? Y aurait-il, pour la droite deux sortes de mères, les « bonnes » qui ont un mari et qu’on encourage à rester à la maison et les « mauvaises » qui vivent sans homme et à qui on ne donne pas le droit de s’occuper à plein temps de leurs enfants? À moins que l’ADQ prévoyait exempter les mères monoparentales de l’obligation de travailler…
Toutes les mères qui ne cadrent pas avec le modèle traditionnel sont susceptibles d’être l’objet de préjugés. Si vous travaillez pendant que vos enfants sont à la garderie, vous êtes une mauvaise mère égoiste et si vous demeurez à la maison et êtes sur l’aide sociale, vous êtes une paresseuse et un parasite… Les politiques visent moins à « promouvoir les valeurs familiales » qu’à se faire du capital politique en exploitant les préjugés contre les assistés sociaux et les mères monoparentales. De plus, c’est plutôt nuisible pour l’économie que de ne pas soutenir davantage les mères qui travaillent…
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