7 péchés pour une féministe

Tout a commencé je ne sais trop quand, est-ce le monde féminin ou moi que j’ai souhaité protéger ? Est-ce l’intégrité des Femmes ou la mienne que j’ai souhaité sauvegarder ?

Étant avant tout un être humain, je pense que mon égoïsme a précédé mon engagement auprès des Femmes et c’est jour après jour que je suis finalement devenue ce que l’on appelle… une féministe.

Arf ! le mot est lâché et avec lui une image d’animalE enragée, de crieuse de marchés au service d’une cause obsolète, une suffragette qui s’est trompée d’époque, une de ces gonzesses qui ne porte pas de soutien-gorge et qui appelle cela la liberté, une de celles qui ne s’épile pas sous les bras pour dire qu’elle a le choix, une moche qui se console d’être seule en disant qu’elle est avant tout indépendante, une mal b***** qui veux émasculer les hommes à défaut de pouvoir les séduire, une de celle qui voit le « mâle » partout…

Hommes et Femmes me collent parfois sur le front ou me poignardent dans le dos ces post-it. Et souvent je trouve cela injuste.

Mais aujourd’hui j’ai décidé d’avouer mes torts et d’accepter la critique. Mon péché est vaste : un jour je me  suis dit que les Femmes ne devaient pas être cantonnées à ces images de James Bond Girl ou de Desperate Housewives, incapables de lire une carte routière et interdites de pets, nées sur Vénus et assorties d’un désir irrépressible de faire des enfants, des écervelées qui se doivent de compenser leur bêtise par leurs charmes, des êtres qui doivent assumer quoiqu’il leur en coûte le désir des hommes, un genre considéré comme beau et faible face à un sexe qualifié de fort…

Et j’ai découvert deux dimensions à cette cause que je voulais défendre. Tout d’abord, celle de l’horreur, de la soumission, de la violence, de l’humiliation directe, parfois cachée, parfois exposée et assumée. Des domaines où tout semble à faire, à construire et/ou à détruire. Des thématiques dont je ne saurai parler dans ce papier que je veux court mais dont j’imagine que vous avez quelques exemples en tête.

Et puis, évoluant loin de ces actes répressibles, j’ai également entrevue, plus près de moi, une autre forme d’horreur, de soumission, de violence et d’humiliation directe. Cette chose que l’on appelle le sexisme ordinaire. Tellement pervers que lorsque j’en parle, on me dit que je suis ridicule et despotique. Parce que défendre une femme que l’on siffle comme un chien en pleine rue en décrivant de manière vulgaire son corps n’est pas un combat utile, parce que vouloir ENFIN faire appliquer les lois d’égalité des salaires n’est pas une priorité, parce que montrer du doigt que les jouets conditionnent les enfants dans des stéréotypes qui n’ont plus lieu d’être est une perte de temps, parce que c’est une absurdité de dire que les études biologiques comparant les cerveaux de l’homme et de la femme nous conditionnent à penser que nous sommes incapables de certaines choses et freine nos capacités et notre ambition, parce que boycotter des marques dont les publicités sont sexistes est un comportement arriéré, parce que trouver inqualifiable qu’une personne portant plainte pour viol se voit poser la question « vous étiez habillée comment ? » est un sujet tabou…

Alors voilà, je confesse mes défauts : l’utopie et l’acharnement.

Je suis coupable des 7 péchés capitaux : l’envie d’un monde meilleur, la colère de ne pas savoir par où commencer, la gourmandise des combats à mener, la paresse de ne pas tous les mener, l’orgueil de croire j’ai raison, l’avarice de considération envers certains hommes, l’orgie d’articles lus et envoyés à jesuisfeministe.com.

Mea Culpa…

Par Sylvie
Publié le 26 février 2012 sur Le blogue de Vivi

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