En effet, pourquoi?
Je me suis fait regarder croche dans l’avion, la semaine dernière, ce livre au titre provocateur bien accoté sur mon immense bedaine enceinte de 6 mois. Les gens me regardaient avec un air de… « tu aurais dû y penser avant, fille! ». Pourtant, le dernier livre de Jessica Valenti ne remet pas en question le fait d’avoir des enfants, contrairement à ce que son titre laisse supposer. Elle soulève plutôt plusieurs questions que le débat public autour de tout ce qui touche la maternité tente d’éviter. Surtout sur la pression sociale que subissent les nouveaux parents.
Le sentiment qui domine chez moi suite à la lecture de ce livre est un immense soulagement. Car si ici aussi la pression de la perfection parentale se fait sentir, ça n’atteint pas les sommets de ridicule que Valenti décrit chez nos voisins du Sud. Ici aussi on subit de la pression pour avoir des enfants pratiquement dès qu’on est en âge de procréer, une fois l’enfant en chemin il faut « faire les choses comme il faut » (Marianne a déjà parlé des jugements autour de la manière d’accoucher) sans parler de la pression autour de l’allaitement. Ensuite, les écoles de pensée diffèrent sur la place que l’enfant doit occuper dans notre vie : tout lui consacrer, renoncer à sa carrière, opter pour le co-dodo pour les unes, continuer à vivre sa vie (égoïstement?) en lâchant prise sur la perfection pour les autres. Il me semble pourtant qu’au-delà de certaines dérives (comme le livre « Le bébé et l’eau du bain » paru en 2006 et qui créa une mini-commotion en décriant entre autre la garderie en bas âge) on s’en sort assez bien au Québec, grâce à nos généreux programmes sociaux.
Il n’en va pas de même aux États-Unis, et on lit le livre de Valenti dans un état quasi-permanent d’incrédulité. Les mères américaines subissent le même type de pression que nous pour allaiter pendant un an, par exemple, mais les congés parentaux ne durent que quelques semaines. Que faire alors? Tirer son lait au travail, pardi! Un mouvement qui gagne en popularité : les anti-couches! Parce qu’après tout, si on lit l’expression faciale de son enfant comme il faut, on sait quand il veut aller aux toilettes. Et plus ahurissant encore sont les exemples de mères qui posent des gestes malhonnêtes mais anodins, comme tricher sur leur adresse pour envoyer leur enfant dans une meilleure école, et doivent aller en prison. Le plus souvent des mères monoparentales provenant de quartiers défavorisés, il va sans dire.
Jessica Valenti parle un peu de sa propre expérience de nouvelle maman mais ce sont surtout ses questionnements sur la pression sociale qui retiennent l’attention. Elle ose poser la question qui tue : et si le fait d’avoir des enfants n’était pas une garantie de bonheur? Chiffres et étude à l’appui, elle démontre qu’il est plus que temps d’avoir cette conversation.
Suivez Jessica Valenti sur Twitter: @JessicaValenti
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