agression

Le 6 mai 2017, le Journal de Montréal publiait sur son site internet un article qui fait état de la condamnation de trois hommes accusés d’avoir violé une jeune femme mineure.

Le ton ainsi que les termes utilisés dans cet article présente les trois agresseurs comme s’ils avaient été victimes du système judiciaire : « les jurés avaient choisi de croire la victime » et que cette condamnation laisse leurs familles « dévastées ». Qu’en est-il de la victime et de sa famille? Elle a été violée plusieurs fois par trois hommes et à différents endroits – ce qui me laisse croire qu’ils étaient parfaitement conscients de ce qu’ils faisaient. L’article parle de « relations sexuelles », comme s’il s’agissait d’un acte banal et consenti. Pourtant, les preuves de la trousse médico-légale viennent corroborer les dires de la jeune femme.

À force de minimiser et de banaliser les agressions sexuelles et les viols, à force de dépeindre les agresseurs comme de malheureuses victimes du système, nous finissions toutes et tous par en subir les conséquences.   Comment se fait-il que nous acceptions encore de tels propos? Pourrions-nous, ensemble, commencer à réaliser la portée que peuvent avoir les mots, autant pour les victimes que pour leurs proches? Notre société est affaiblie lorsque nous acceptons que c’est dans la nature des hommes d’être agressifs – le fameux boys will be boys – et que les femmes doivent apprendre à se protéger. Entendre dire qu’une victime de viol a “aimé ça”, qu’elle disait non mais qu’elle voulait dire oui, que si elle porte plainte la vie de son agresseur sera brisée sont encore monnaie courante aujourd’hui.

Ce n’est pas la première fois que le Journal de Montréal publie des articles méprisants pour les survivantes d’agression (voir ci-bas, le lien de l’AFEAS). Je crois que nous devons dénoncer ce genre de propos, que nous devons parler avec nos proches qui les véhiculent pour améliorer la société petit à petit et ainsi prendre conscience des enjeux liés à la culture du viol. Depuis le 6 mai, plusieurs textes ont été publiés pour dénoncer cet article. Pour poursuivre le mouvement, je vous invite à porter plainte au conseil de presse en utilisant le texte suivant comme explication des faits :

« L’article Coupables d’agression sexuelle publié le 6 mai 2017 sur le site du Journal de Montréal présente la décision du jury de reconnaître coupables les trois agresseurs d’une jeune femme de 15 ans comme étant dévastatrice pour les familles et amis des violeurs, ne tenant aucunement compte des préjudices subis par la survivante du viol collectif et par sa famille. De plus, l’article laisse sous-entendre que le jury a fait un choix en croyant la victime alors que les preuves récoltées démontrent la violence de l’agression. Ce type d’article banalise la violence faite aux femmes et facilite la culture du viol tout en victimisant des agresseurs pourtant reconnus coupables. Cet article contrevient au code de déontologie du conseil de presse, notamment à l’article 9 c sur l’impartialité, à l’article 9 d sur l’équilibre, à l’article 17 sur l’équité et à l’article 26 sur les personnes en situation de vulnérabilité. »

 

Pour porter plainte au conseil de presse : http://conseildepresse.qc.ca/porter-plainte/en-ligne/

Article de l’AFEAS: http://www.afeas.qc.ca/nouvelles/la-faute-de-la-victime/

D’autres textes sur le sujet :

Pleurer avec les agresseurs – Urbania: http://urbania.ca/249103/pleurer-avec-les-agresseurs/

Le texte d’Isabelle Montpetit, publié sur Facebook: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155070934005944&set=pcb.10155070935570944&type=3&theater

Chantal Ide