Le mois d’octobre 2016 fut mouvementé en ce qui a trait au droit des femmes. Tout d’abord, il y a eu l’affaire Sklavounos, le député accusé d’agression sexuelle. Ensuite, il y a eu toutes ces victimes des résidences de l’université Laval, ou deux hommes de Cro-Magnon se sont amusé à rentrer dans les chambres des filles, et ce, dans le but de commettre aussi des agressions. Ces deux faits, bien qu’extrêmement importants (et surtout, révoltants), en ont éclipsé un troisième: la czarny protest (protestation noire), en Pologne. Il s’agit d’un rassemblement historique des femmes du pays, qui dénonçaient un projet de loi visant à rendre illégal l’avortement.

Si ce projet de loi fut bloqué, la situation des femmes en Pologne (par rapport à la question sur l’avortement) reste plus que précaire.

Petit rappel: la Pologne est un pays catholique de trente-huit millions d’habitant, qui partage ses frontières avec l’Allemagne, la Russie, la Lituanie, l’Ukraine et la Biélorussie. Elle est membre de L’OTAN et, depuis le 1e mai 2004, de l’union européenne. Malgré cela, sa législation sur l’IVG (c’est-à-dire interruption volontaire de grossesse) est l’une des plus restrictives de toute l’Europe. En effet, la femme polonaise peut avorter dans trois conditions seulement :

  1. En cas de viol ou d’inceste
  2. Si le fœtus présente de graves pathologies
  3. Si la grossesse présente des risques pour sa santé

Comme si ce n’était pas assez, les femmes ont un accès restreint a ce droit. Un article du journal Le Monde indique que le nombre d’avortement légaux oscille entre 600 et 1000 chaque année, pour 10 millions de femmes en âge de procréer². Or, selon les regroupements féministes du pays, il y en a bien plus que cela : entre 100 000 et 150 000 par années. Seulement, les femmes se dirige vers les cliniques allemandes, slovaques ou pour recevoir ce service.

Une honte, pour ce si beau pays membre de l’Union Européenne.