Dans le cadre de mon cours en gestion des ressources humaines, nous nous intéressons plus particulièrement aux femmes, ou comment ces dernières sont victimes de stéréotypes dans leurs milieux du travail.

Petit rappel : les stéréotypes sont des clichés, des opinions toutes faites, visant un ensemble de personnes présentant de mêmes caractéristiques. Il s’agit de quelque chose de pernicieux et de dangereux, car on cherche rarement à aller au-delà de l’image populaire véhiculée – qui soit dit en passant, est très souvent dégradante. Le manuel Gestion de la rémunération, de Sylvie St-Onge, énumère certains des stéréotypes les plus influents dans le monde du travail en ce qui a trait aux femmes. Attachez votre tuque, c’est plus que révoltant!

Stéréotype #1 : Les femmes seraient plus engagées envers leurs tâches domestiques et familiales qu’envers leur employeur.

Les femmes se verraient ainsi refuser des promotions ou des formations par manque d’intérêt envers leur profession. Hélas, encore aujourd’hui, ce sont effectivement les femmes qui font le plus de tâches ménagères. Selon l’INSEE (l’Institut national de la statistique et des études économiques), elles feraient encore les deux tiers des tâches domestiques.

Stéréotype #2 : Les emplois à prédominance féminine seraient moins exigeants et comporteraient moins de responsabilités.

Les emplois à prédominance féminine sont : coiffeuse, aide domestique, infirmière, enseignante, gardienne d’enfants, etc. Vous pouvez constater le danger des clichés, ces postes étant plus qu’importants dans notre société, car comportant de grandes compétences.

Petit fait incroyable : jusqu’en 1955, les femmes travaillant pour le gouvernement du Canada étaient obligées de démissionner une fois mariées!

Stéréotype #3 : Les femmes auraient des compétences innées, comme la patience, une bonne communication, un souci de prendre soin des personnes malades, etc. À l’inverse, elles seraient moins fortes physiquement que les hommes et leur leadership serait moindre.

De ce fait, elles seraient plus compétentes dans les métiers cités ci-dessus, vu leurs habiletés naturelles à prendre soin d’autrui.

Stéréotype #4 : De par leur manque de leadership et d’intérêts pour les sciences, les femmes sont moins prédisposées à étudier dans les métiers scientifiques.

Cela « expliquerait » la faible présence des femmes dans certains mondes, par exemple dans le milieu du génie ou de l’architecture.

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Ces stéréotypes apportent une certaine réponse à la différence salariale entre les hommes et les femmes. Encore aujourd’hui, ces dernières sont moins payées que leurs homologues masculins, et ce, à compétences égales. Un article de Radio-Canada expliquait qu’en 2016, la rémunération entre les hommes et les femmes affichait un écart de 2.93 $ de l’heure. Plus précisément, la rémunération horaire d’une femme atteignait 22,74 $, contre 25,67 $ pour un homme. Notons aussi que les femmes sont majoritaires dans les emplois les moins rémunérés, c’est-à-dire dans les 20 $ de l’heure et moins (industrie du commerce, de la restauration, de l’hébergement, etc.); et également dans les emplois à temps partiel avec plus des deux tiers de l’effectif. Ces statistiques s’empirent lorsqu’il s’agit de femmes racisées. Il devient encore plus difficile d’obtenir un emploi puisque tout un autre lot de stéréotypes racistes s’ajoute aux stéréotypes sexistes (Allez lire l’article de Rima Elkouri « Mieux vaut s’appeler Bélanger! » sur ce sujet!).

En effet, cet extrait de l’article de Doudou Sow l’explique très clairement : « Deux fois plus d’immigrantes que de non-immigrantes sont au chômage, […] leur taux de chômage était de près de 12 % en 2006, et les femmes immigrantes sont plus souvent au chômage que les hommes immigrants, plus de la moitié des immigrants sont des femmes, elles représentent 11 % de la population féminine au Québec et, tenez-vous bien, 45 % de la population féminine dans la ville de Montréal ». Donc, ce n’est pas juste au niveau du salaire que c’est inquiétant pour les femmes immigrantes et/ou racisées, mais aussi au niveau de la possibilité d’embauche comme telle.

Bref, dans tous les cas, il s’agit de situations très injustes, car le message envoyé aux femmes – et encore plus aux femmes immigrantes et/ou racisées – est le suivant : votre contribution à la société a peu de valeur : elle ne mérite pas la même récompense que celle de vos homologues masculins.

 

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Source : St-Onge, S, Thériault, R (2014). Gestion de la rémunération : théorie et pratique (3e ed). Montréal : Chenelière éducation. ISBN : 9782765042532