Depuis mon enfance, je suis une personne qui ne sait pas mentir. Quand j’essaie, mon regard peut facilement me trahir et mon raisonnement se trouble. Je pense que si je cherche la considération et la vérité chez les autres, je leur dois la même chose. Ma devise, Say what you need to say, est devenue un tatouage sur mon bras droit. Mes amis disent toujours que je suis authentique, que je partage mes avis et que c’est une bonne chose. Mais comme ma mère, ils croient que parfois je peux être grossière. Oui! Je peux être grossière. Mais folle ?

Bien que personne ne m’ait jamais appelée comme ça, c’est ainsi que je me sens quand ma franchise est dirigée vers un homme, principalement quand je lui fais part de mon insatisfaction envers son comportement ou quand je fais preuve de mon intérêt envers lui. Ici, au Brésil, nous utilisons l’acronyme DR (discuter de la relation) pour dire que nous voulons parler de notre relation avec quelqu’un. Cependant, c’est vu comme une chose négative, principalement par les hommes. Nous, les femmes, sommes connues pour «aimer avoir une DR».

Dans mon esprit, c’est simple : s’il y a une chose qui te dérange, tu devrais en parler avec la personne concernée. Pour moi, peu importe quelle est la relation, amitié ou amour, rien fonctionne sans tête-à-tête. Cependant, bien des hommes ne semblent pas être ouverts au dialogue, encore moins s’il concerne leurs intentions.

Je n’ai jamais eu de petit copain, mais quand je suis émotionnellement mêlée à un gars et que je m’inquiète de la façon dont il me traite, ma première réaction est d’en parler, d’essayer de comprendre et de résoudre le problème. Je fais attention de ne demander rien de plus que de la considération et de la sincérité. Mais la réponse presque toujours la même : «Je ne sais pas quoi te dire», «tout va bien», «excuse-moi». C’est comme un texte déjà prêt, copié et collé, sans compter les fois où je suis totalement ignorée. À la fin, je n’ai pas de réponse et je me sens folle. Devrais-je me sentir de cette façon ? Ce sont eux qui sont incapables de résoudre un problème et qui préfèrent l’ignorer.

Donc, je vis avec ce dilemme : devrais-je être sincère ou cacher mes sentiments ? C’est vrai, je choisis toujours la même option : être sincère. Ce dilemme ne ressemble peut-être pas à une question féministe habituelle, et c’est pour cette raison que j’ai voulu écrire là-dessus. Cette situation est vécue aussi par d’autres femmes. Je parle avec mes amies et je le sens. Pour beaucoup d’hommes, nous sommes toujours «les folles» : exprimer nos sentiments et nos avis sur la relation est comme un certificat de folie. C’est très pervers.

Chaque fois que je m’approche de quelqu’un, je finis par préférer mes chiens. Bien qu’ils ne parlent pas, je comprends mieux ce qu’ils pensent, ils s’expriment. Si on me dit que je suis folle pour ça, je l’accepte. Mais parce que je suis franche ?! Oh, non.