1ère édition du Festivulve : ce que l’on retient

Quand on demande à Mel Goyer, l’instigatrice du festival, de résumer son sentiment post-Festivulve, voici ce qu’elle répond et qui lancera ce bilan de la première édition :

 

« … je capote. Sérieux, je lis les feedbacks et ça me touche tellement!!! 
Alors je pense que ce qui résume le mieux mon feeling en ce moment c’est le slogan de Loto-Québec (LOL):
Un Festivulve, ça ne change pas le monde, sauf que…  »

 

Les 9 et 10 juin derniers s’est tenue la première édition du Festivulve au Loft Hôtel à Montréal.  Environ 2000 personnes de tous genres, identités et sexualités se sont rassemblées pour célébrer et réfléchir collectivement autour de la vulve, des corps, des sexes, des contraceptions, de l’art qui s’y intéresse et de bien d’autres choses, sous forme vulvesque ou non.

 

L’expérience du festival a commencé différemment pour chacun.e. Certain.es étaient déjà au courant de la tenue de ce festival pour le moins original et s’y sont rendu.es dans l’espoir de découvrir ou approfondir des idées ou des connaissances.D’autres sont entrés là par hasard, sur le conseil d’une amie, porté.es par l’élan spontané d’une phrase à la radio, par la vision des vulves cosmiques félines et burlesques, ou après la lecture curieuse d’un article de presse. Anyway, la couverture médiatique du Festivulve a porté ses fruits et le lobby de l’hôtel chic n’a pas désempli jusqu’au dimanche soir.

 

(source photo : Le Trucmucheur)

 

Mais concrètement, le Festivulve, c’était quoi ?

 

Entre samedi et dimanche, huit organismes et une bonne dizaine d’artistes se sont relayés dans la salle centrale autour d’enjeux différents mais interreliés les uns aux autres. Les représentantes des organismes étaient bien préparées pour répondre aux questions de toutes sortes des visiteurs. On y a parlé de sexualité lesbienne et de son invisibilité, de clitoris, de santé sexuelle, d’accouchement, de poils, de prise en charge médicale des femmes en cas d’urgence (agressions ou urgences gynécologiques). Nous avons aussi admiré des dizaines d’œuvres d’art à l’image de la vulve. La vulve revisitée dans tous les matériaux, toutes les formes, toutes les couleurs.

 

(source photo : Le Trucmucheur)

 

Au-delà d’un festival informatif, le Festivulve fut aussi un hommage bien mérité à cet organe mal-aimé et jugé négativement sans raison valable. Les deux jours se sont déroulés sous le signe de la bonne humeur et de l’échange avec musique, boissons et spectacles. Des cupcakes décorés d’un clitoris gracieux ou d’une vulve colorée sont passés entre les mains des petites et des grandes (et des petits et des grands aussi). Car oui, les hommes sont venus, et pas timidement. Les conversations se sont mêlées et ont résonné dans le haut plafond du lieu faisant résonner la diversité des discours et des positions.

 

La plupart des organismes présents ont animé une conférence mettant en exergue un ou plusieurs aspects de leurs activités. Pour plusieurs participantes déjà engagées dans une réflexion féministe vis-à-vis des codes normatifs qui laissent dans l’ombre les femmes et les vulves, ces conférences étaient orientées pour un public plus novice, curieux d’engager cette réflexion personnelle.

 

En ce sens, l’objectif du festival est atteint. Différents mouvements féministes locaux ont soutenu l’initiative d’une part pour sa nouveauté, mais aussi pour ses ambitions : ouvrir le dialogue, apporter des réponses et proposer des alternatives aux femmes qui en ont besoin.

 

Un des éléments à améliorer pour les futures éditions est indéniablement l’aspect critique des conférences. En effet, au-delà des solutions imaginées par les femmes pour les femmes pour pallier les cruels manques dans le domaine, il serait essentiel, pour un festival de cet ampleur, d’effectuer un travail de déconstruction des normes et des idées majoritairement véhiculées dans la société. Dans la même veine, un engagement véritablement intersectionnel ferait la différence. Parce que la vulve est traditionnellement un attribut des femelles assignées femmes à la naissance, il est fort probable que certaines femmes trans ou personnes trans ne se soient pas senties les bienvenues. L’intersectionnalité est encore plus belle quand elle est appliquée, parce que les femmes ont mille couleurs, mille cultures, mille manières d’être.

 

Le Festivulve 2018, c’est terminé, mais le Vagin Connaisseur n’a pas fini de nous proposer de nouvelles sources d’information, des pistes de réflexions et des inspirations vulvesques jusqu’à l’année prochaine.

 

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