Après le patriarcat… la maternité!
Comme vous l’avez sûrement remarqué, la maternité, son appel et sa tyrannie, est au goût du jour au Québec. Fanie a fait une chronique sur L’envers du landau, je vous présente donc le nouvel essai d’Élisabeth Badinter, tout frais sortit des presses de Flammarion : Le conflit, la femme et la mère.
Je me suis procuré ledit ouvrage hier suite à l’entrevue accordée par l’auteure à Christiane Charette . La philosophe y dénonce l’obligation d’être une mère parfaite et met en garde les femmes contre les possibles régressions qu’apportera ce discours maternaliste.
L’essai s’ouvre sur une constatation troublante, soit la révolution silencieuse qu’Élisabeth Badinter observe dans la société des années 1980-2010. Comme le faisait remarquer madame Charette, certaines de ces observations ne s’appliquent pas au Québec et sont plus françaises, mais le constat reste le même.
Ainsi, l’avancée du féminisme pour le contrôle des naissances a fait naître des obligations pour les femmes, selon Badinter. Puisque les enfants conçus sont désormais voulus et planifiés, selon la logique du contrôle des naissances ou planning familial, il incombe aux parents (le plus souvent aux mères) de veiller au meilleur développement dudit enfant. Et de là découle une série d’obligations allant de la mère parfaite, au bébé parfait, en passant par le temps consacré, la conciliation famille-travail et l’allaitement.
Pensez-vous que le féminisme a lui-même créé cette nouvelle crise? Aurait-on pu l’éviter? Était-ce inévitable? Doit-on en vouloir aux féministes précédentes? Nonobstant que la thèse d’Élisabeth Badinter se penche sur le contexte particulier français, je pense qu’il est utile de réfléchir sur la situation québécoise.
Plusieurs chroniqueuses et journalistes se sont prononcées sur le livre, vous pouvez entre autre voir les textes de Nathalie Collard qui fait une critique très négative de l’ouvrage et celui de Josée Blanchette qui propose une discussion intéressante entre les femmes de la Traversée de la Gaspésie (TDLG).
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