Céline Galipeau est un quota
J’ai eu la chance d’assister, la fin de semaine dernière, au colloque « Démocratie et gouvernance : citoyennes recherchées » organisé par le groupe Femmes, politique et démocratie. Dans sa conférence d’ouverture, la cheffe d’antenne Céline Galipeau y est allée d’une déclaration choc: elle est un quota! Embauchée il y a plus de 25 ans par une société Radio-Canada qui souhaitait féminiser son image, elle a fait partie d’un groupe de jeunes (et jolies) femmes qui ont pris la place de journalistes masculins chevronnés. Elle ne cache pas qu’elle n’avait à ce moment ni l’expérience ni les qualifications pour occuper ce prestigieux poste. Je vous laisse juge de ce qui en est aujourd’hui.
Qu’on parle de les imposer aux partis politiques ou aux conseils d’administrations des sociétés d’État, les quotas et la discrimination positive pour les femmes soulèvent toujours une levée de bouclier. Celle-ci vient souvent des femmes elles-mêmes qui souhaitent, et c’est compréhensible, être reconnues pour leurs compétences plus que pour leur genre. Je comprends et partage cette réticence. Sauf que…
Les pays dont les gouvernements sont paritaires (ils sont peu nombreux) n’y sont, dans aucun cas, arrivés sans des mesures législatives. Le « laisser-faire » ne semble pas fonctionner. Depuis 20 ans, les diplômés universitaires sont en majorité des femmes et pourtant les postes de pouvoir sont encore largement occupés par des hommes. C’est vrai en politique, mais aussi dans le monde des affaires : si les cheffes d’entreprises sont présentes au niveau des petites et moyennes entreprises (une PME sur trois est dirigée par une femme au Québec), sur les 1000 entreprises canadiennes cotées en bourse, seulement 21 sont dirigées par des femmes.
Si Céline Galipeau n’avait pas été engagée parce qu’elle est une femme il y a 25 ans, elle ne serait probablement pas cheffe d’antenne aujourd’hui. Est-ce un passage obligé? Cela donne à réfléchir, non?
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