Je mène une vie lesbienne.
Je suis follement amoureuse d’une femme et je suis en couple avec elle depuis trois ans, un couple lesbien.
Je possède une maison avec ma blonde. Une maison lesbienne.
Nous avons le plus beau gazon lesbien du voisinage et ma blonde en est fière. Moi, je me félicite de l’aménagement paysager lesbien que j’ai créé. C’est unique, un astilbe lesbien.
J’ai deux enfants d’une union précédente et ils ont une mère lesbienne. Lorsque leurs amis leur demandent qui est ma blonde, ils répondent leur meilleure amie ou même leur belle-mère, tout dépendant s’ils se sentent en confiance. À 8 et 10 ans, ils ont déjà une amie lesbienne.
J’ai même deux chats lesbiens.
Quand ma blonde m’embrasse dans la cour avant que j’aille travailler, nous nous témoignons notre amour lesbien.
Un silence s’installe dans ma famille lorsque ma blonde et moi abordons le projet d’avoir un enfant. Un futur enfant lesbien.
Nos frères parlent de se marier avec leurs conjointes, on s’écrie « wow », alors que lorsque nous le faisons, on entend « aaahhh… ». Peut-on se réjouir d’un mariage lesbien?
Au service de garde de l’école, on me respecte et on respecte aussi ma blonde lorsqu’elle va chercher les enfants. Nous sommes par contre lesbiennes.
Mon ex-conjoint croit que je suis devenue lesbienne, voire tombée lesbienne. Il se déresponsabilise ainsi de ce qui lui appartient en ce qui a trait à notre séparation.
Nous avons un sacré humour lesbien! Ce qu’on nous trouve drôle, quand on raconte que nous avons une méga armoire à Tampax, qu’il n’y a pas mieux que deux filles pour comprendre que c’est chiant de se raser les jambes aux deux jours… Même une témoin de Jéhovah, voyant ma blonde changer les pneus de sa voiture dans la cour, s’est exclamée : « Parfait ça, on peut pas être deux bonnes dans’ popotte! ». Je vous jure, ça pogne, de l’humour lesbien.
J’adore ma vie. Avec son lot de tempêtes et de défis. Choisir d’assumer mon amour pour ma blonde demeure l’un des meilleurs choix que j’ai faits. Les gens qui m’entourent ont tous bien réagi à la nouvelle, à l’exception de mon ex-conjoint. Nous sommes tellement complices, ma blonde et moi, que nous avons des fans : nous sommes si belles ensemble et notre amour rayonne.
Demeure cependant, pratiquement en permanence, cet adjectif silencieux qui qualifie tout ce que je suis, tout ce que je fais.
Maude

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