Le fardeau de Duceppe #debatdeschefs
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai regardé le débat des chefs ce soir. J’ai noté entre autre l’effacement quasi complet des femmes dans les thèmes abordés ou encore dans les promesses électorales. Les thèmes abordés concernaient surtout l’économie. La question des femmes, mais surtout des femmes racisées, a été abordée brièvement. Il faut en outre souligner qu’Elizabeth May a mentionner la demande d’une commission d’enquête sur les meurtres et disparitions des femmes autochtones au Canada.
J’aimerais attirer l’attention sur un enjeu soulevé à de multiples reprises, soit l’importance de « s’attaquer à l’oppresseur » des femmes racisées. J’utilise ce terme, puisque ce discours a été utilisé tant par Mulcair pour parler du fameux débat du le niqab au niveau national, que par Duceppe pour la lutte au terrorisme à l’international.
Ce discours n’a rien de nouveau – soit dit en passant Laura Bush l’avait elle-même employé pour justifier la guerre en Afghanistan. C’est ce que Spivak nomme « le fardeau de l’homme blanc de sauver la femme brune de l’homme brun » (je paraphrase). Si quelqu’un veut le faire lire à Duceppe, il vient d’être traduit en français! Je lui suggère aussi la lecture de l’ouvrage de Lila Abu-Lughod Do Muslim Women Need Saving? Elle a même publié un article sur ce sujet!
Avant de prendre position sur des enjeux aussi importants, comme de « sauver » des femmes, je suggère de voir ce que les femmes de ces mêmes communautés ont à dire. On appelle ça de la décence.
C’est drôle quand même que l’égalité femme/homme soit si importante pour Duceppe en particulier quand il s’agit de voter à visage découvert, mais qu’elle ne soit pas si importante quand il est question de ne pas adopter un slogan de campagne sexiste.
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