Messieurs, il est temps de réagir

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont inondés de hashtags révélant à quel point notre société est percluse de harcèlement en tout genre.

Et au milieu de ces statuts, nous retrouvons les hommes : certains n’y croient pas, d’autres tombent de haut, certains ont des attitudes nulles et d’autres ne savent simplement pas quoi faire. Les femmes demandent du soutien, mais le silence est lourd.

Messieurs, il est grand temps de réagir. Ce n’est pas nouveau ce que l’on vit, ça fait des lustres qu’on vous en parle, et il a fallu que la moitié de l’humanité utilise un hashtag pour que vous preniez enfin la mesure de ce qui se passe. Où êtes-vous #notallemen et autres #mecsupercool ? Et encore, ce n’est qu’une partie de l’iceberg ! Toutes les minorités sont concernées !

Maintenant que les yeux sont ouverts, qu’allez-vous faire ?

Je peux comprendre qu’en tant qu’hommes vous vous sentiez un peu perdus. D’un côté, on vous demande de laisser la place et la parole aux concerné·e·s et de l’autre on vous demande de réagir sur les violences faites aux femmes. Comment savoir où se placer ?

La réponse est plus simple qu’il ne paraît.

Positionnez-vous en alliés et non en sauveurs, ne nous donnez pas de leçons, mais écoutez-nous, ne remettez pas nos paroles en question, mais soutenez-nous.

Il est temps que les hommes reprennent leur place dans ce monde et assument ce qu’ils ont contribué à construire. Car oui, se taire, rester passif, ne pas réagir, c’est cautionner ce qui se passe.

Il est temps que les hommes comprennent que nous ne sommes pas ennemi·e·s et que c’est ensemble que nous arriverons à quelque chose.

Et je ne parle pas seulement des femmes, mais bien de chaque personne subissant une oppression. Femmes, hommes, LGBT+, personnes racisées, personnes ayant une incapacité physique…

Du coup, voici quelques conseils pour être de bons alliés en toutes circonstances :

 

1— Apprenez à écouter et à ne jamais remettre en question ce qu’ont vécu les personnes qui témoignent.

Parler d’une agression, ce n’est jamais drôle ou facile : c’est une épreuve. Les hommes passent leur temps à remettre la parole des victimes en question, pour tout et rien, alors quand quelqu’un·e vous assure que les flics ont refusé de prendre sa plainte et en ont rajouté une couche, croyez-le ou croyez-la.

2 — Arrêtez avec le #notallmen.

Quand une victime ose parler de son agression, ne répondez pas un truc du genre « oui, mais moi j’suis pas comme ça » « tous les hommes ne sont pas des violeurs » etc.

Une bonne fois pour toutes, ON LE SAIT. Ce n’est pas ce que nous avons dit. Si on pensait qu’aucun homme ne valait la peine, vous ne pensez pas qu’on vous aurait tous balancés à la flotte et qu’on serait resté·e·s entre nous pépouze depuis longtemps ?

Pourquoi vous sentez-vous menacés quand on vous raconte nos expériences ? Pourquoi vous sentez-vous obligés de préciser que vous n’êtes pas comme ça et donc de ramener la chose à vous alors qu’on est en train de vous parler d’une agression ?

3— Soyez actifs dans votre recherche d’informations.

Si vous voulez être un bon allié, comprendre ce que l’on vit, comment et pourquoi nous militons, il n’y a pas 36 façons de faire. Il faut d’abord que la démarche vienne de vous, que vous vous renseigniez.

Lisez, écoutez, apprenez, soyez curieux. Mais n’attendez pas qu’on vous prenne par la main : ce n’est pas comme ça que ça marche.

4— Réagissez quand vous assistez à une scène de harcèlement.

Ne fermez plus les yeux parce que ça vous arrange, parce que vous n’êtes pas concernés, parce que vous êtes pressés, etc. Une situation de harcèlement est grave et mérite qu’on arrête ce que l’on est en train de faire pour y mettre un terme.

Pour cela, je vous invite à consulter le tumblr du Projet Crocodiles qui contient des conseils pour réagir en tant que témoin sans pour autant vous mettre en danger. Les conseils sont simples, efficaces et facilement réalisables.

5— Réagissez quand vos ami·e·s et proches dépassent la limite.

Laissez passer une blague qui craint, on l’a tou·te·s fait. On se dit que ce n’est pas très grave, que c’est de l’humour après tout, qu’on va pas s’embrouiller pour si peu… Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas se sentir concerné·e·s.

Mais tous ces petits comportements ont un impact. Alors quand un·e ami·e a un comportement nul, dites-le-lui.

6— Soutenez vos ami·e·s et proches.

Il se peut qu’un·e ami·e vienne vous voir pour vous exprimer une situation de harcèlement, voire d’agression. Qu’importe son âge, sa sexualité, son caractère, ne remettez pas en cause sa souffrance et son expérience. Montrez que ce qu’iel vous dit compte pour vous, ne minimisez pas ce qui s’est passé, demandez-lui si iel veut porter plainte, se changer les idées devant un film, etc.

7— Utiliser votre place pour faire changer les choses.

En tant qu’homme, vous avez une place de dominant ; c’est comme ça. Vous pouvez utiliser ce pouvoir à bon escient. C’est bête, mais être un homme vous permet de parler aux autres hommes de féminisme ou de comportements douteux sans vous faire traiter d’hystériques. Vous êtes beaucoup plus écoutés que les concerné·e·s. C’est bête, mais c’est comme ça. Et si vous avez une petite notoriété publique, servez-vous en au mieux (exemple français : Linksthesun, vidéaste youtube).

8— Parlez de tout ceci avec vos amis.

On apprend à tort aux hommes à ne pas communiquer, à ne pas parler entre eux, etc. Réappropriez-vous cela. Demandez-vous entre potes s’il n’y a pas des fois où vous avez merdé, et ce que vous pouvez faire pour changer les choses.

9— Militez avec nous.

Si déjà vous réagissez quand vous voyez une agression, on est sur la bonne voie. Mais si vous voulez faire encore mieux, engagez-vous à nos côtés.

Vous avez votre place à nos côtés et dans ce monde. On le créait ensemble ce monde. Les militant·e·s ne veulent pas conquérir le monde et asservir les hommes, iels veulent juste vivre en paix et en sécurité avec eux.

 

Mais en attendant, réagissez à ce qui se passe sur les réseaux sociaux, répondez aux témoignages et aux #MeToo que vous soutenez les personnes concernées, répondez que vous vous engagez maintenant, partagez les articles qui parlent de ça et dites aux abrutis qui insultent les personnes qui témoignent de bien se taire. Montrez-nous que maintenant, vous serez là.

 

– Méryle

 

 

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