De l’importante union entre féminisme et écologie

Le 3 octobre dernier, les Éditions du remue-ménage ont publié Faire partie du monde, un livre sur l’écoféminisme. C’est un collectif, un recueil de textes, écrit par plusieurs féministes sous la supervision de Marie-Anne Casselot et de Valérie Lefebvre-Faucher. Les autrices nous offrent une vision globale, quoique limitée au contexte nord-américain, de l’écoféminisme. C’est une bonne introduction pour quelqu’un qui ne connaît rien au mouvement ou qui s’intéresse à l’écologie.

 

Tout d’abord, c’est quoi l’écoféminisme? Son nom le dit, c’est l’union entre l’écologie et le féminisme. Mais encore? Comme l’explique bien Marie-Anne Casselot au premier chapitre, ce n’est pas un mouvement homogène. Il existe plusieurs branches militantes et théoriques qui sont présentes partout dans le monde. Toutes ont comme prémisse de base « qu’il existe des liens structurels entre la domination patriarcale et la dégradation des écosystèmes. » (Casselot, 2017, p.20). Les écoféministes sont de toutes les cultures et luttent sur tous les fronts: agriculture, éducation, droit des animaux, souveraineté alimentaire, industries polluantes, etc. Le but du recueil est de justement faire une mise en commun entre différentes féministes, pour voir ce sur quoi elles se rejoignent et ce sur quoi elles s’éloignent.

 

Il est difficile de résumer un tel livre, tant les sujets qu’il aborde sont variés. À l’image du mouvement dont elles se réclament, les autrices ont des visions différentes et font partie de divers mouvements théoriques. Les thèmes abordés touchent l’anticolonialisme et les droits des Autochtones (Ellen Gabriel), le véganisme (Élise Desaulniers), la lutte contre le capitalisme (Anna Kruzynski, Céline Hequet), la division sexuelle du travail (Catherine Beau-Ferron), le Plan Nord (Jacinthe Leblanc), le sexisme dans les milieux écologistes (Maude Prud’homme) et la crise de la reproduction (Valérie Lefebvre-Faucher).

 

Je ne connaissais pas l’écoféminisme avant de lire ce livre, et je dois avouer que j’avais de la difficulté à comprendre comment on pouvait réunir le féminisme et l’écologie. J’avais des préjugés, m’imaginant un mouvement de hippies qui ne me concerne pas. Or, j’ai vite réalisé que j’avais tort. Certains textes m’ont parlé plus que d’autres, comme celui d’Élise Desaulniers sur le véganisme. Ou encore, celui de Jacinthe Leblanc sur le Plan Nord, qui fait écho à une réalité que je vis en tant qu’Abitibienne.

 

Ce qui est beau avec Faire partie du monde, c’est que chaque personne peut se sentir interpellée d’une façon ou d’une autre pour des raisons qui lui sont propres. Et nous sommes tous.tes concerné.es par les changements climatiques et les inégalités sociales. Les autrices réussissent à nous convaincre de mener la lutte ensemble, écolos et féministes. Car les femmes sont les grandes perdantes face à l’économie capitaliste qui mène le monde depuis 200 ans. Reléguées à la cuisine, peu valorisées sur le marché du travail et encore moins dans les industries qui exploitent les ressources naturelles, elles seront les premières victimes en cas de catastrophes naturelles (qui seront de plus en plus fréquentes). Le travail du care qui incombe généralement aux femmes s’intensifie en périodes de crise (Casselot et Lefebvre-Faucher, 2017, p. 15). Par exemple, nourrir convenablement sa famille sera de plus en plus difficile; or, c’est une tâche qui est souvent déléguée aux femmes (Leblanc, 2017, p.101). Bref, avec le réchauffement climatique, la surpopulation et la pollution grandissante, l’avenir ne s’annonce pas joyeux. D’où l’importance de s’unir dans nos luttes. Ensemble nous serons plus forts.

 

Si l’avenir vous intéresse, lisez Faire partie du monde.

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