Le mythe toxique du « plan cul »

« Avec lui/elle ce n’est que du cul », « ce n’est qu’un “plan cul” sont des phrases que j’ai abondamment entendues. J’en ai toujours été secrètement affectée, y compris lorsque ça ne me concernait pas et sans forcément comprendre pourquoi. Je tente ici une explication. « Plan cul » serait une expression qui neutraliserait le sexe en tant que force subversive et qui continuerait de l’enfermer dans une forme de dévaluation du sexe et des relations hors du couple monogame.

 

Le « cul” » de « plan cul » semble signifier que l’on sait très bien ce que c’est que le sexe.  « Plan » laisse suggérer qu’on sait très bien comment faire pour qu’une relation reste bien tranquille dans cette catégorie. Ces deux mots, pour moi, fonctionnent à la manière d’une formule magique qui isolerait certains types de relations du monde dangereux des émotions. De celles qui nous perturbent et nous altèrent. Designer une relation comme un « plan cul », c’est l’étiqueter avant usage afin de n’être pas perturbée par elle. Le cul dans ce contexte deviendrait une activité quasi neutre, potentiellement fade, vidée de tout affect. Et en déconnectant le sexe de l’émotion, on le vide de sa substance.

 

Deux peaux qui se rapprochent : cela peut (et même quelque part cela devrait) être très beau. Quelles qu’en soient les modalités. Que ce soit pour un soir. Pour deux semaines. Pour des cinq à sept ou pour des soirées télé/galipette à l’occasion. Ou pour la vie. « Plan cul » semble être une façon volontariste de faire en sorte que ce genre de beauté n’advienne pas. Il ne s’agit pas de plaider en faveur de l’engagement, ni dans la durée, ni même dans l’instant. Pour moi, le problème est au contraire la valorisation implicite du couple monogame. Tout ce qui en sort, nous avons des difficultés à le penser, et il nous faut alors une catégorie. L’expression « plan cul » remplit cet office.

 

Pour moi, elle ne tombe pas de nulle part. « Plan cul », ce n’est que la face immergée d’un iceberg derrière lequel se cache la vieille opposition épouse/putain. L’opposition plan cul/couple ou plan cul/ amour laisse suggérer que cette opposition millénaire a de beaux jours devant elle. On voudrait toujours séparer les relations sexuelles et affectives en deux. Auparavant, il s’agissait de savoir si la personne avec qui on couchait était susceptible d’être notre époux-se. Dans notre société qui voue maintenant une forme de culte au couple romantique monogame, il s’agit surtout de savoir si on aime les personnes avec qui on couche. « Plan cul » et « putain » sont les deux faces d’une même médaille, celle qu’on donne aux recalés de la vraie relation.

 

Derrière l’expression « plan cul » sommeille une menace. Celle de n’être que ça. Un plan cul. Une personne que l’on baise, mais qu’on n’aime pas plus que ça. Voire que l’on n’aime pas du tout. Avec qui on ne veut partager que ça, que du sexe. Pourtant, sorti de la norme du couple monogame, partager du bon sexe avec quelqu’un et seulement ça, ça peut être un vrai cadeau, y compris si on ne projette rien avec cette personne, y compris si l’on n’a pas de sentiment amoureux.

 

Dévaluer ce genre de relation potentiellement très riche et/ou intense avec le vocabulaire d’entreprise dont semble être sortie la belle expression « plan cul » est pour moi extrêmement toxique et appauvrissant. On salit un tas de relations qui deviennent des relations de dépit et non de plaisir partagé. On salit le sexe et ses potentialités folles à lier les corps et les humains ensemble.

 

Alors, par pitié, laissons les relations être ce qu’elles sont. Laissons-nous nous affecter. Ne sacralisons pas le sentiment amoureux, mais laissons-le circuler dans les couples monogames, adultères, polyamoureux, libertins, entre les amis, les collègues, les inconnus, les personnes rencontrées dans des cafés, sur des sites internet, à des séminaires d’entreprises. La notion de « plan cul » ne fait pas honneur aux capacités folles de créativité dont dispose l’être humain pour se connecter aux autres.

22 Comments

  • Larissa
    18 juin 2018

    Merci pour ce bel article !
    Sa lecture libère et peut donner à reflechir.
    Les choses y sont dites simplement et elles frappent avec la force de l’évidence.

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  • Isabelle KLEIN
    19 juin 2018

    Ah c’est vrai que c’est vraiment le truc à faire d’interpeller directement les gens sur leur vie sexuelle quand on est pas d’accord avec leur analyse.. Elle va très bien merci de t’en inquiéter, elle va beaucoup mieux depuis que je cherche plus à séparer ou à relier d’autorité cul et amour. Elle va beaucoup mieux depuis que j’assume à quel point ça me fait chier de mettre des étiquettes aux relations.
    Je n’interdis à personne d’utiliser le terme « plan cul », donc fais toi plaisir. Si c’est comme ça que tu en prends. Mais évidemment que les mots sont importants. Si tu confonds bûcher et proposition de lecture, c’est que le principe de la nuance t’es étranger.

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  • Yves
    19 juin 2018

    Tant que cette promotion de la liberté sexuelle n’affecte pas ses proches. Il n’en est pas question dans cet article, ni même de la difficulté psychique pour certain(s)s de déconnecter cul et amour.

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    • Isabelle KLEIN
      19 juin 2018

      La question de concilier les libertés individuelles est une grande question à laquelle je ne répond effectivement pas dans cet article. La liberté individuelle affecte nécessairement les proches. Pour moi, il ne s’agit pas de le nier mais de voir ce qu’on peut faire avec cette réalité. Concernant les personnes qui ne parviennent pas à séparer cul et amour, je ne propose pas de solution mais émet simplement l’idée que faire totalement l’inverse (prétendre qu’ils sont absolument séparés) est contre-productif.

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  • momoshima
    19 juin 2018

    Comment appellerions nous une relation suivie entre 2 personnes consententes qui ont des rapports sexuelles libre de tout engagement de fidélité en sachant que ces personnes sont attirés l’un l’autre : ils se sont choisis pour partager ces moments (donc il y a affect)?
    Hormis la denomination un peu péjoratif de « plan cul », le fonctionnement d un plan cul constitue bien un pied de nez au sacro saint concept de relation monogame.
    Il n y a pas de sexe sans affect, sans entreprise de seduction et d attirance mutuelle. Sans cela, il n y a pas consentement et ca s apelle viol et si tarifé, prostitution.
    Qd on apelle le label « plan cul », c est souvent une protection contre une forme de surinvestissement dans une relation qui conduit parfois a de la dependance affective.
    On se libere de ces ecueils grace au plan cul… Qui peut devenir ou pas amour.
    A force de tout vouloir deconstruire sous le prisme de lutte contre le patriarcat, on tient des avis parfois biaisé et c est bien dommage.

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    • Isabelle KLEIN
      19 juin 2018

      Comment appeller des relations sexuelles entre deux personnes consentantes sans exigence de fidelité ? Je sais pas des amants, des friends with benefits, des amis, des aventures, des rencontres qui durent, des partenaires, des (poly)amoureux, des libertins, . Il y a plein de possibilités. Plan cul me semble juste la plus triste dénomination possible. Celle qui se contente de séparer cul et amour de manière binaire sans envisager les myriades de possibilités qu’ils ont de s’agencer.
      Le plan cul, un pied de nez au couple monogame ? Pourquoi pas. Mais je ne suis de toute façon pas certaine qu’il y a des choses absolument subversives et d’autres qui ne le sont pas.
      Mon avis reste un avis. Il est évidemment biaisé comme tous les avis, puisque nous sommes limités par l’expérience que nous avons de la vie et les cadres de références dont on se sert pour avoir la meilleure vie possible, se connecter, comprendre et améliorer le monde.

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  • Agnès
    19 juin 2018

    Merci pour cet article. Je n’apprécie pas les étiquettes et « plan cul » en est une. Étriquée.

    Je ne baise jamais. Je fais toujours l’amour. Durant la rencontre avec mon partenaire, même si le focus est sexuel, je le rencontre avec mon sexe, mon coeur et mon âme. Cela crée une belle intimité et une intensité. Le sexe limité aux organes sexuels n’est qu’une fraction de son potentiel et ce serait tellement triste de rester cantonné là.

    Au delà de la rencontre/ des rencontres successives , il n’y a pas nécessairement /systématiquement de relation, d’echanges.
    Comme un rituel qui s’ouvre et se clôt et se vit au présent.

    Des plans culs? Je n’en sais rien mais le terme ne me convient pas.

    Merci d’avoir ouvert le débat

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  • Corinne NICOLLET
    22 juin 2018

    Cet article j’aurais voulu l’écrire à votre place ! Trop tard… mais un grand merci pour ce point de vue que je partage totalement ! L’expression « plan cul » salit ce contact de deux peaux qui est beau quelles qu’en soient les modalités. Bref le plan cul n’existe pas et tant mieux. Un terme à bannir de notre vocabulaire, inventé par les trouillards pour se protéger du risque d’aimer. C’est la peur qui nous tuera…

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  • Bruno
    15 août 2018

    Merci, merci et encore merci, voilà ce que je n’arrivais pas à expliquer à mes ami-e-s lorsque je leur dit que je n’aime pas les plans-culs (qui me renvoient irrémédiablement à « t’es resté dans les contes de fées, tu cherche une princesse ») et lorsque je leur dit que je veux plus vivre en couple (qui me renvoient irrémédiablement à « tombeur, bite à la main »)… Vivement qu’on sorte de ces catégories sordides héritées de nos grands-parents ! Merci !

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  • Sandra
    7 octobre 2018

    Ah nous y voilà ! Enfin, nous les femmes, nous pouvons prendre notre sexualité en main et ne plus se plier à ce système patriarcal qui a fait de nous des objets domestiques pendant des siècles ! Pourquoi devrait on n’être la partenaire que d’un homme ? Pourquoi ne pourrions nous pas nous contenter à notre guise et avec qui nous chante sous prétexte que l’on soit dès lors « une pute » ? Moi j’aime me donner selon mon feeling, selon l’ambiance et tout un tas de choses qui font que c’est le bon moment avec le bon partenaire même si…le lendemain plus rien de cet enchantement ne me semble bien fondé 😉

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    • emeline
      16 janvier 2019

      Salut !

      « Pourquoi devrait on n’être la partenaire que d’un homme ? »

      J’aurais formulé autrement : pourquoi ne devrait-on avoir qu’un seul partenaire ?

      La femme est sujet. Elle n’est pas passive. Merci. 🙂

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  • Nicole
    7 octobre 2018

    L’article, tout comme les commentaires font plaisir à lire ! Peut être qu’enfin notre société change ? Je n’en suis pas si sure mais l’espoir fait vivre. Marre de se faire dicter notre sexualité, nos envies, par une pseudo morale qui s’affranchie bien de ses principes lorsqu’il s’agit de cogner sur sa femme ou d’aller voir ailleurs en étant « un tombeur » tandis qu’à l’inverse la femme est une « salope ».

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    • Eric C
      13 janvier 2019

      Bien évidemment, il n’y a que les femmes qui soient « victimes » du commérage et de l’opprobre social. Quand l’homme « saute la clôture », il n’est évidemment pas un « coureur de jupons », un TDC qui a la « bite à la place du cerveau », un salaud qui ne pense qu’à ça, etc… Ah, comme les oeillères de son sexe rend les humains obtus quand il s’agit d’analyser le comportement du sexe opposé…

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      • emeline
        16 janvier 2019

        Bien évidemment, les mecs n’envahissent jamais les lieux féministes pour ramener tout a eux et faire croire qu’ils ont les mêmes problèmes que les femmes mais que personne n’en parle. =_=
        Tout le monde en parle, partout, tout le temps !
        Il n’y a que dans des lieux affichant clairement leur féminisme (i.e. un objectif d’égalité, dont on est encore loin) qu’on parle un peu des femmes, mais la aussi le machisme nous rattrape avec ses millions de soldats trollant a l’envi.
        coureur de jupons c’est mignon, pas une insulte. ce n’est pas le cas de salope, de pute, pas tous ces qualificatifs imagés que vous connaissez certainement mieux que nous toutes grâce a l’entre-soi masculin qui rend toute misogynie acceptable, légitime voire obligatoire. Ils sont courants. Ils servent a insulter des inconnues harcelées dans la rue, des femmes politiques, des policiers, et même un marteau quand vous vous cogner le doigt a la place du clou.
        Quand on parle des problèmes spécifiques des femmes, quand ce sont des femmes qui en parlent, écoutez et fermez-la. Merci ! Si cela vous est insupportable, partez.
        Tout le monde aura bien vu que les « œillères de son sexe » dans votre bouche ne concerne que le « sexe » (sic) féminin. Vous venez nous saouler avec les hommes, mais comme par hasard vous les oubliez\ au meilleur moment.

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        • Eric C
          19 janvier 2019

          Eh bien, on n’aura pas mis longtemps avant de tomber sur la « combattante » ouverte d’esprit qui invite les gens à quitter dès qu’ils ne pensent pas comme elle… Contrairement à ce que vous affirmez, les « œillères de son sexe » incluait les hommes, car les exemples sont nombreux dans leur bouche, et depuis longtemps, de la prétendue infériorité de genre des femmes. Des propos tout aussi empreints d’aveuglement et de bêtise que ceux de certaines féministes…

          Quant à l’idée que le jugement social à l’égard des hommes soit plus « mignon » que celui à l’égard des femmes, je vous en laisse la responsabilité, mais ne peux m’empêcher, du même souffle, de me demander sur quelle planète vous vivez, alors qu’ils sont devenus seuls responsables de tous les maux de la terre depuis qu’un certain discours s’est emparé du mégaphone public… je vous laisse deviner lequel ! La seule image des hommes que le discours public renvoie maintenant est continuellement négative et dégradante ; comme si les hommes naissaient dénués de toute qualité et que les femmes n’étaient aucunement co-responsables de l’état du monde…

          Le discours féministe nous saoule depuis un siècle et votre injonction « écoutez, fermez-la ou sinon partez » en dit franchement long sur votre « militantisme égalitariste ». J’espère qu’avec pareille position, vous ne vous demandez pas d’où germe l’intégrisme… On constate aisément qu’avec vous, le féminisme se tient bien plus près de l’idéologie « évangélisatrice » impossible à critiquer… celui ou celle qui le fait se voit systématiquement taxé de phallocrate ennemi non seulement du féminisme, mais de toutes les femmes… Une étiquette de misogyne qui censure par avanie. J’espère que vous ne vous étonnez pas que tant de gens sympathiques à la cause des femmes, promotteurs de leur avancement social et, surtout, de leur sécurité physique où qu’elle se trouvent sur cette planète, ne veulent plus se dire féministes, afin d’échapper à votre cloître idéologique et à votre dérive sectaire…

          Quand je vois le travail qu’accomplit Michèle Audette, cette femme admirable dévouée corps et âme pour que justice soit rendue à ses consœurs autochtones, je suis saisie d’une profonde compassion et d’un désir d’aider pour que les choses changent. Quand je lis ce blog, je suis pris d’une lassitude devant la pérennité de la stupidité humaine. Un conseil : ajoutez un identifiant et un mot de passe à ce blog. Ainsi, vous pourrez exclure les « millions de trolls » soldats du masculinisme qui vous empêchent de penser en rond, communier entre zélotes autour du feu de joie de vos rognes irréfragables et pourrez continuer de réciter, au son de la lyre, votre dogme de la « défenseuse de la vertu et de la cause juste féministe ». Les autres vous regarderont pour ce que vous êtes : les « apôtresses » d’une religion. Tous les signes du discours claustral sont identifiables dans votre intervention pugnace : défense automatique du dogme dès que quelqu’un le remet en question, absence complète d’autocritique, esprit gaulois d’assiégé contre la horde des « romains » mâles, opinions présentées comme des faits, etc.

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  • Emmanuelle
    23 octobre 2018

    Je souscris totalement au fait que le terme « plan cul » est éminemment réducteur et ne dit rien des relations que l’on peut entretenir avec une personne avec laquelle on ne fait que coucher. Misère du désir, du sexe, et des mots pour le dire. Richesse de la vie en opposition.

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  • amelie
    10 novembre 2018

    comment dire ça sans choquer , j’ai 26 ans , je ne désire me mettre en ménage avec un garçon , notre génération n’a plus les valeurs d’antan , aujourd’hui les plan cul d’un soir sont banals , et l’inscription sur les sites de rencontre pour trouver un mec , c’est commun ! on a le choix , on discute avec la personne sur son tchat avant meme de lui donner un vrai rendez vous , apres , c’est du classique , il me plait , je lui plait … ça ne fera jamais de moi une salope ou une mauvaise personne , j’elargie juste le cercle de mes connaissances , pas envie de sortir avec le copain de mes amis ou le fils de la meilleur amie de ma mere ! l’amour peut naitre d’un de ces plan cul , mais ce sont bien deux aspects differents , l’un est un sentiment ( l’amour dans votre article ) , l’autre un besoin ( le sexe ou plan cul) , je ne suis pas tout a fait d’accord avec votre analyse dans l’article que vous avez ecrit :mais que j’ai aimé lire !

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  • Isabelle KLEIN
    16 novembre 2018

    Merci pour votre commentaire. Je pense que l’amour est un besoin au même titre que le sexe et qu’il peut y avoir une façon très sentimentale de désirer l’autre physiquement. On peut très bien faire consommer des relations amoureuse (où l’autre n’est pas considéré pour lui même mais pour les besoins affectifs qu’il comble sur le moment) ou s’émouvoir sexuellement (quelque chose d’intime, profond, intense mais éphémère).

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  • Eric C
    13 janvier 2019

    Celles et ceux qui croient que l’amour libre et la sexualité sans attachement monogame est une nouvelle réalité de notre époque auraient tout intérêt à s’intéresser aux modes de vies des cultures et civilisations passées, car ils découvriraient que la sexualité « éclectique » et « ouverte » se pratique depuis la nuit des temps.

    C’est ce qu’avaient, par exemple, découvert les premiers français débarqués en Nouvelle-France, au contact des populations Amérindiennes, elles qui vivaient au contact de la nature et en toute liberté:

    « Et dans ce monde, il n’y avait pas d’enfer. Les filles, maîtresses de leurs corps, se donnaient à qui elles voulaient bien se donner, quand et comme bon leur semblait. Les jeux sexuels, que réprouvait si sévèrement la morale française, étaient ici pratiqués librement. Personne, ni homme ni femme, n’éprouvait, comme chez les Européens, le besoin de posséder l’autre en exclusivité. C’était en tout cas l’impression qu’on avait quand on regardait ces sociétés du dehors. C’était ce que racontaient tous ceux qui y étaient entrés et en étaient revenus. […] (Pour les Européens) il ne serait pas bon d’imiter les sauvages sur cet article (l’éducation des enfants) car, chez eux, les filles, jusqu’à ce qu’elles aient choisi un mari, peuvent avoir autant d’amants qu’il leur plaît, sans que jamais leurs parents y trouvent à redire, ayant pour principe que tout homme naît libre, prérogative dont ils sont le plus jaloux. C’est cet affranchissement de toute sorte de gêne et cette facilité que les Canadiens trouvent parmi les Sauvages qui les débauchent et les engagent à courir avec eux les bois, et à vivre comme eux ».
    GERMAIN, Georges-Hébert, Les coureurs des bois; la saga des indiens blancs, Libre Expression, 2003,

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  • chana
    4 août 2019

    J’ai lu, bon ok, en diagonale les commentaires.
    Le terme  » plan Q  » est réducteur.
    Mais c’est le terme qui est réducteur. Pas tant la relation.
    Plan Q ca veut tout et rien dire en meme temps , a part  » une personne avec qui j’entretiens des relations sexuelles et cette relation n’a pas de conséquences profondes sur ma vie  » . Une façon oui de ranger la relation, mais tout autre terme la range aussi puisqu’il faut nommer à chaque fois.
    Perso, j’utilise le verbe  » fréquenter  » de plus en plus. Je fréquente mon copain avec amour, affection et une certaine dose de projection. Je fréquente d’autres personnes pour l’échange physique, d’autre pour l’échange intellectuel … bref, le vocabulaire et les mots sont certes importants mais je pense qu’il l’est tout aussi de cesser les jugements de valeurs : une relation SANS amour autre que celui de l’échange physique est possible, et est une rencontre. Une rencontre psychique et / ou intellectuelle SANS sexe est à mon sens équivalente.
    Le respect, la rencontre, l’échange n’ont pas besoin d’être catalogué « bons  » ou « mauvais » sur le seul critère de l’amour tout ca. La bienvaillance suffit. Je respecte mes plan Q et suis dans la bienvaillance envers eux, ca ne veut pas dire plus que ca ^^

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  • Yves-Marie
    17 août 2019

    Il est si « in-désirable » le couple « cis hétéro monogame » ?

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