Wine moms : parlons-en!

J’ai arrêté de consommer de l’alcool le 1er janvier 2016. Jamais résister à la tentation d’un verre n’avait été aussi difficile que depuis que je suis devenu.e mère.

 

Le phénomène de la « wine mom » et la promesse tacite qu’un verre de vin saura chasser tous les soucis, toute la fatigue, et prodiguer LA détente absolue (jamais retrouvée depuis l’accouchement) a quelque chose d’effrayant. Et d’attirant, disons-le. Qui n’aimerait pas oubliertous ses ennuis grâce à quelques gorgées de jus de raisin fermenté?

 

Oublier. Il est là le problème. Lorsque la consommation d’alcool sert à oublier, peut-elle être saine?

 

J’ai choisi de couper les ponts avec l’alcool bien avant d’être enceint.e. Si j’avais anticipé cette décision comme difficile pour mes relations sociales, ayant beaucoup d’ami.e.s dit.e.s « de party », la transition et mon choix ont été bien accueillis. Pendant la grossesse, j’ai eu un 9 mois bénis où on ne m’a plus proposé d’alcool en aucune occasion, plus posé de question et où on m’a accommodé.e mieux que jamais (ou presque).

 

Et là, alors que je pensais avoir encore une période de grâce en allaitant (oui, je sais, on peut consommer raisonnablement et allaiter sans problème et, d’un côté, tant mieux pour celleux qui veulent que les mentalités s’ouvrent à ce sujet), je me retrouve devant des incitations redoublées à la consommation. Les personnes qui croyaient que j’avais arrêté pour la grossesse me proposent de nouveau de l’alcool. Il y en a même qui semble se dire « ça, c’est comme quelqu’un.e qui boit pas de café, c’est une belle affaire AVANT les enfants » et m’en offre de nouveau, comme convaincu que mon choix a changé. À cela s’ajoutent les nouvelles rencontres apportées par mes tentatives de sortir de l’isolement ainsi que tous ces blogues et groupes de maternité où l’alcool est vanté comme “ZE” échappatoire.

 

Suite à ce février « sobre » qui sert d’espace réflexif sur notre relation personnelle (mais aussi sociale) à l’alcool, je pense qu’il est opportun de poursuivre la réflexion et de questionner ce que cache le phénomène de la « wine mom ». L’alcool n’est-il pas utilisé ici comme outil pour mieux faire passer la charge mentale, le déséquilibre domestique, le travail invisible et l’INconciliation travail-famille qui reposent encore majoritairement sur les épaules du parent principal (aka à très forte majorité sur les femmes dans les relations hétérosexuelles)?

 

Je me demande parfois si on ne préfère pas, comme société, encourager des relations malsaines avec l’alcool, voir normaliser des comportements alcooliques, plutôt que de réfléchir à notre course effrénée (décroissance, quelqu’une?) ou d’envisager un réel partage des tâches entre partenaires…

 

Qu’en pensez-vous?

 

 

 

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